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Lundi 19 mai 2008

Tu vas me dire qu’on s’en fout, mais moi, je te dis qu’on est en lune montante...Elle vient juste de passer au dessus du rocher de l'aigle. Pour le moment c’est important, la lune, pour les semis et les femmes qui s’épilent...Après la Saint Jean, la lune on s’en fout, m’avait dit Fernand, les filles apprécieront...Il est plus de minuit. La vallée retentit du cri des bêtes. Les chiens du berger aboient depuis une heure. Ils ont tracé de l’autre côté, à l’ubac, un ou plusieurs sangliers certainement tiennent tête, sangliers qu’ils acculent au bout d’une ancienne restanque ou d’un cul de sac. Alors ils aboient sans répit. Les sangliers redescendent en ce moment des cimes, après avoir piétiné quelques semis d’oignons, ils sont venus labourer à coup de groins autour du fumier de la ferme ; sûr qu’ils ne tarderont pas à tourner autour de mes salades et les trouver bonnes. L’ennui avec le sanglier c’est qu’il monte sur la table et qu’il piétine son assiette. Pourrait même chier dedans ce con. Les humains font çà aussi, quelques fois. Je descends dans la cuisine à deux heures, enrhumé, je préfère veiller non pas les craquantes mais ma salade intérieure. J’écoute la radio. Un homme, un écrivain parle du jardin, de ce qu’il procure. Au-delà des légumes s’entend. Il a une vision Zen du jardin. Depuis minuit, je triturais toutes ces idées en n’arrivant pas à dormir et l’on dirait que j’étais attendu à cette conversation nocturne. Il est trois heures à présent. Les infos, trente deux mille morts en Chine, puis sans rire les résultats de ligue 1 de football. Je repars dans mes rêveries. C’est bien l’autre aspect magique du jardin. Il y a quelque chose. Je ne l’ai pas vu pourtant j’y ai regardé. Je me suis surpris à vouloir y prendre attention. Il s’est passé quelque chose qui ne se voit pas, qui ne s’entend pas, et qui se ressent à peine, à condition cependant, justement, d’y prêter le moins possible attention... A dire vrai cela fait plusieurs jours que j’y pense. Les pommes de terre sont bien sorties, les petits pois grimpent furieusement sur les bambous que j’ai dressés. Les fraisiers sont repartis et les premières fraises rougissent, des grappes vertes attestent d’une certaine abondance sur les cassissiers et les groseilliers, les arbres fruitiers, cerisiers, pruniers, pommiers et cognassiers ont troqués leur fleurs en fruits naissant sous le vert printanier des feuilles. Radis, salades, semis de carottes, tétragone, oseille, thym, céleri perpétuel, consoude de Russie, rhubarbe, plants de tomates, Saint pierre, cœur de bœuf, tomates des Andes, Rose de Bern, etc., poivron jaunes et verts et rouges, courgettes jaunes et vertes, piments, aubergines, curcubitacées, haricots et j’en passe, la base quoi, la base pour vivre de son jardin et éviter de bouffer des pesticides. Parait que la loi sur les OGM va repasser, et l’on perdra alors cette liberté, de produire bio, sans merde dedans ni autour ?  En attendant, je la fais là ma révolution, en cultivant cette terre qui est là devant moi, et que j’ai à charge de restituer aussi propre que je l’ai eue...Mais l’affaire est ailleurs...La véritable histoire qui se construit jour après jour, mois après mois, années après années. Le jardin se transforme j’ai pensé, non plus vrai, il me transforme et m’indique autre chose, autre chose que la culture, à moi qui m’en défendait, qui m’y refusait, tant vivre et paraître utile semblait tenir d’un ailleurs par tous désigné. Sous les pavés, non pas la plage, mais la terre, avec ses racines qui poussent et te poussent au cul. Tout à coup, le jardin montre qu’il est un livre à lire entre les lignes, là où passent les courants d’air, là où parait ce qui saute à la gueule du jardinier, ce qu’il ne pourra faire, cette part de travail qui sans cesse recule et se dérobe pour le guider cependant sans jamais qu’il ne soit possible de s’en saisir, pour retourner, défricher, cultiver en somme, offrir, s’offrir, sans être saisi de vertiges. C’est qu’il faut s’arrêter, être assis là, au beau milieu, sous le pommier et regarder sans attendre, parce qu’il est vain d’attendre parce qu’il est bon de s’arrêter et d’entendre la vie glisser doucement vers une porte qui se dessine lentement, celle que l’on prendra un jour, peut être même dans la gueule pour emprunter  l’autre voie. Résister c’est parfois s’assoire au milieu du jardin. J’ai la chance d’avoir un jardin, d’autres ont su que, s’ assoire tout simplement là où ils étaient, revenait à trouver ce milieu du jardin, sous le pommier, à déceler ce mouvement discret qui pousse le meilleur de nous même vers autre chose, vers l’indicible. Il n’y a rien à décrire, ce n’est pas possible, autant dessiner la risée sur la peau d’un avant bras qui parcourt ensuite le corps tout entier. Il n’y a rien à décrire du bout d’une binette que je manie comme une canne blanche, juste s’assoire comme pour désobéir et rester attentif sans attendre quoique ce soit, juste être là et se savoir perdu et se savoir donné et n’être rien d’autre qu’un simple voyageur dans une salle d’attente qui n’attendait que toi pour te voir partir. Et c’est là ce qui reste du poète qui dit «  ...de mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier... », non, juste s’assoire et disparaître en cessant tout geste inutile, jusqu’à se confondre dans le moindre souffle et enfin, être, pour de bon.  

par Philippe Maréchal publié dans : lemondedephilippe
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Dimanche 18 mai 2008
Bonjour à tous ...

voici en copie le mail que Christian PIALOT Technicien

de Météo France à la station du Mt Aigoual vient de me

faire parvenir.

Peut-être l'avez vous déjà pour certains.

Un plan de restructuration des services de Meteo

France prévoit la supression programmée de près d'un

tiers des emplois d'ici 2011.

Sur le site du Mt Aigoual, ce que nous craignions ces

dernières semaines est en train de se réaliser.D'ores

et déjà deux emplois (un ouvier pro et le chez de

station) seraient supprimés en 2009 et 2010.

La station météo du Mt Aigoual a la particularité

d'être la dernière station météo d'altitude habitée en

Europe. Aujourd'hui sa spécificité et sa survie sont

réèllement menacées.

Pétition à signer sur :

www.sauvonslameteo.fr

et

http://www.collectifdu16mars.fr



Merci pour eux...cela ne prend que quelques secondes !


Laurent Vliegle, du collectif du 16 mars
_______________________________________________________
contenu du message :
Bonjour,
en ces temps pluvieux et maussades, et ou la neige de
cet hiver tombe a

Toulouse un 16 mai, je suis sur que pretez un interet
certain aux
bulletins meteo.

Nous tenons tous a nos stations mto departementales,
de Biarritz au
Mont-Aigoual (et dans les alpes, le jura et les
vosges), et surtout a
des bonnes previs neige, faites par des meteos
specialistes.
Mais il y a un HIC :
En effet, notre Direction et le Ministère programment
une suppression massive d'emplois (1000 sur 3600
actuels) et la fermeture des 2 tiers des centres
météorologiques.
C'est historique , notre service public n'avait jamais
subi d'attaque aussi violente.

Nous vous remercions donc de signer et de relayer
notre pétition auprès

de nos/vos amis sportifs et montagnards, vos syndiqués
et vos collègues

, qui peuvent en tant que "professionnels" témoigner
de l'utilité d'un
service météo de qualité et de proximité.

Vous pouvez aussi signer cette pétition en tant
qu'organisation, association, clubs etc..

pétition en ligne sur internet :
http://www.sauvonslameteo.fr

par Philippe Maréchal publié dans : Informez vous et faites passer
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Samedi 17 mai 2008

Recyclerie « les glanants »....



Je viens de recevoir cet article, avec la mention : " à diffuser sans freins", je lache donc les freins....

Projet de recyclerie aux alentours de Ganges, Saint Hypo, Saint Martin de Londres, Le Vigan…)

 

Projet porté par Valentin, par Odile (association Décologic) etcaetera, beaucoup de personnes ont déjà marqué leur soutien, plus de 60, ainsi que de nombreuses associations, dont l’Agantic, Sésame table ouverte…

 

L’idée, développée par Valentin :

 

Nous sommes nombreux à partager un sentiment d’exaspération à voir détruits des objets qui pourraient servir, au lieu d'être transformés en pollution. Leur fabrication a exigé travail, temps, énergie, et c'est un irrespect infâme de redépenser de l'énergie du temps et du travail pour tenter de les faire disparaître. Ce à quoi l'on n'arrive d'ailleurs jamais complètement. La destruction de plastique, par exemple, générant dioxine et acide sulfurique...Toute forme de mise en déchet, incinération, enfouissement, occasionnant ses problèmes.

 

Au sein même des lieux de décisions politiques et économiques, de nombreux adeptes de la décroissance ou du développement durable prennent place petit à petit. Tous les paramètres de notre minuscule et précieuse planète clignotent en rouge : il est grand temps de réagir. Au sein même de nos instances de pouvoir, la question de l'avenir de l'homme et de « sa » planète commence à voir jour. Partout des initiatives citoyennes émergent. Enfonçons donc le coin!

 

La République ne sait que faire, vissée à sa source gigantesque de revenus qu'est la TVA (20% sur chacun de nos actes, donc incitée à inciter nos gesticulations et nos gaspillages effrénés et insensés).... Mais poussés par le peuple pensant, les politiques sont à présent contraints et contents de soutenir les gentils gus que nous sommes, qui nous décidons à faire leur travail : gérer la production (donc de déchets), (re)créer du tissu social, freiner la destruction de notre environnement, générer de l'embauche...

 

Tant mieux, voici enfin un projet où normalement, il devra être possible de tourner la confrontation en création collective.

 

Il s'agit donc de créer une nouvelle recyclerie. Le premier gisement sur lequel se porte notre attention est les déchetteries. Un atout qu'ont certaines recycleries est de travailler en symbiose avec la déchetterie, dans le même lieu, dans un espace parfois construit en même temps que la déchetterie.

Forts de l'expérience des autres recycleries, plus grand est notre bassin d'intervention, plus facilement des emplois pourront être pérennisés. Quitte à travailler avec plusieurs communautés de communes (du Vigan à Saint Martin de Londres, en passant par Saint Hippolyte).

 

 

Au plus grand sera notre espace, il sera rempli. Les projets, les possibilités, flirtent avec l'infini. A vous de venir avec votre projet, entrant dans cette démarche. Divers axes sont jetés : éducatif, environnemental, créatif...

  

Beaucoup d'exemples sont à consulter sur le site du réseau (http://www.recycleries-ressourceries.org/adherents.php3 ).

Que chacun veuille bien apporter son feu (connaissances, gisements, soutien, et surtout son temps). Même si vous n'êtes prêts à donner qu'une heure de votre temps par mois, votre nom dans la liste nous encouragera!

Il est nécessaire que ce projet soit l'oeuvre du plus grand nombre, en collaboration avec tous les intervenants existants déjà, priorité allant aux associations qui développent déjà ces idées. Le but n'étant pas d'entrer en concurrence mais de s'approprier ce qui reste en friche et de le valoriser.

 

Merci de faire connaître autour de vous ce projet aux personnes susceptibles d’y participer d’une façon ou d’une autre. Nous les tiendrons au courant des réunions et des avancées du projet.

 

Valentin

 

guyditval@hotmail.com


par Philippe Maréchal publié dans : Informez vous et faites passer
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Vendredi 16 mai 2008

Les nuages se sont empilés les uns sur les autres. On dirait un carambolage sur l’autoroute du ciel à hauteur de l’Aigoual. Depuis trois jours le ciel nous pisse dessus. Ceux qui repiquent les oignons se planquent à l’abri en triant les plants. Les yeux scrutent le plafond nuageux à la recherche d’un signe de bon signe, mais rien ne vient, il pleut. Il repleut. C’est la mousson de printemps, comme il y a quelques années que ce n’était pas arrivé. Pour un paysan, le mauvais temps, c’est le même temps qui dure trop longtemps qu’on dit par ici ; sécheresse ou pluie ou bien vent en furie, trop longtemps c’est toujours de trop. Le mauvais temps pour un citoyen, c’est une façon de subir une politique qui dure depuis trop longtemps. Les nuages s’accumulent au dessus des manifestations et rien ne semble présager de leur dispersion, nuages et manifestations, rien annonçant qu’un vent nouveau nous éclaircisse de ce coté désespérant. Seul le mépris du président qui veut instituer « une  garde nationale », réduisant l’impact des grèves des enseignants... Pourtant, ça finira bien par venir, après la pluie...Ne rien lâcher, facile à dire, mais à tenir, quand on a rien dans la main, c’est autre chose. Alors je suis sorti sous la pluie, pieds et tête nus, je suis sorti comme pour dire merde au ciel qui me pisse dessus, insignifiant sans doute, mais là, debout, « tout seul peut être, mais.... Je suis un hobit et j'ai du poil aux pieds.

par Philippe Maréchal publié dans : lemondedephilippe
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Jeudi 15 mai 2008

Montpellier, hier après midi, à suivre sur les trottoirs un ami qui travaille à la Cimade, jusqu’à parvenir au local. Les murs blancs un peu défraîchis, une grande pièce, des tables simples tout comme un mobilier rare, des ordinateurs qui datent, excepté un petit portable tout neuf qui inquiète son utilisatrice. L’association attend de s’agrandir dans le même immeuble, c’est pour bientôt, enfin on l’espère. Des gens sont accueillis, là, de tous pays j’imagine. Deux petites filles assises en attendant leur mère qui est reçue à cet instant, se parlent, insouciantes, elles jouent, comme toutes les petites filles du monde, comme celle du quartier aussi. Un jeune homme, assis à coté, attend. Ceux qui viennent ici , savent ce que veut dire attendre. On a l’impression, que pour certains, la vie est une longue attente. Vas, tu vas vivre, mais tu attendras...La vie nous jette selon notre fortune ou infortune, ici où là sur la planète et le sort est radicalement différent à la mesure du hasard qui nous a fait naître d’un endroit ou l’autre. « On ne choisit pas sa famille, ou les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger....pour apprendre à marcher » dit la chanson de Le forestier. Tout le monde sait cela et tout le monde professe seulement qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde...Alors la misère s’invite sans qu’on la sollicite. Elle vient à ce local de la Cimade à Montpellier comme dans d’autres endroits, quérir une attention, une explication, un réconfort, un point de réflexion sur une énigme administrative, le petit truc qui fait que tout change, qu’on va pouvoir rester, ou bien être viré, bien qu’on y soit déjà depuis un moment, attaché à se construire tout autant que l’on donne au pays d’accueil. C’est un petit entonnoir ici, une ruche, pleine d’initiative, un moment d’espoir, ou bien d’autres mots pour contourner et souligner l’indicible, la mouche du coche qui réveille la conscience d’un monde qui se marche sur la gueule. Non la misère n’est pas due au hasard ou à la fatalité, elle n’est pour moi que le résultat de l’ensemble des égoïsmes et de l’étroitesse des cœurs. Je me rappelais ces visages ce matin, ces visages de femmes inquiètes à la table d’un « médiateurs » ou d’un(e) conseiller(e), » on va envisager le pire », dit l’une d’elle, comme pour préparer ce couple à des moments difficiles et prendre une longueur d’avance sur la réflexion à tenir en cas de difficultés... les enfants qui attendent, le jeune homme qui a attend son « papier », lui réclamant des « preuves », mot inquiétant sans commune mesure avec la limpidité de son parcours, lui qui poursuit son bac pro... des preuves, des preuves de quoi, de qui, de quand, un mot détaché de tout contexte et incompréhensible, une question dans le genre des devinettes posées  à la manière de Coluche, « quel est le pigeon ? » Et puis celui là, fatigué, sans âge, aux habits sans forme, assis comme une vie en suspens, avec les pieds qui rentrent dedans, avec le cœur dans les godasses, un homme, un être humain dont la seule infortune est d’être né quelque part, au mauvis endroit, au mauvais moment.  J’en avais une autre dans ma petite tête, pourquoi moi, pourquoi suis-je né là , quelle est ma responsabilité dans ce monde injuste ? Et la radio ce matin, sur France Q, qui témoignait du sort fait aux « roms » en Italie, chassés de leurs campements aussitôt détruits et brûlés autour de Naples, des cocktails Molotov, de la haine et des milices, et l’un d’entre eux qui disait « on va aller se réfugier autour de Rome,  dans le seul campement protégé par les carabiniers, et un autre de lui dire « on va nous ghettoïser ». « ‘T’as une autre solution » qu’on lui répond ?

par Philippe Maréchal
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