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Le temps qui passe

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Tu veux avoir de mes nouvelles mon ami. Tu dis même un brouillon, une feuille déchirée. Je m’en étais abstenu. Reclus. Une feuille déchirée, oui, çà me parle comme l’évocation d’un chiffon qu’on presse, qu’on tord qu’on essore et dont on tire tout le jus jusqu’à la dernière goutte. Je suis un chiffon. Je suis un coquelicot. C’est une fleur en chiffon. C’est un cœur en papier crépon. Tu veux savoir ? Le soleil me parvient, en huit minutes. J’écoute Pink Martini. C’est con. Je me fais un café puis un Détox. Je marche à l’envers pour me faire croire que je rentre en sortant. Je me mets à la fenêtre pour me regarder passer plus bas. Ma porte est constituée de deux battants, l’un au dessus de l’autre. Quand j’ouvre celle du dessus, j’ai l’air d’un cheval qui aurait dormi avec son cavalier. Je suis un cheval qui fume. J’ouvre le battant du haut. Mon cœur aussi veut voir. Alors il pousse, il émerge, il fume aussi et veut voir comme un gosse qui veut savoir ce qui se passe là haut. Il a bien compris. Il a tout compris. Lui il s’en fout, il est toujours amoureux. Il est fabriqué comme çà. Mais il veut quand même savoir ce qui se passe là haut. Il veut regarder aussi tout au loin jusque dans la forêt. Il s’ennuie avec la tête du dessus, tu sais,  la tronche de coquelicot. Lui, il préfère les roses. Alors fais gaffe qu’il me dit, ne les écoute pas. Suis moi. Ben oui que je lui dis, je ne fais que çà, te suivre et voilà le résultat, ma gueule, t’as vue, tu l'as vue ma tête en pain de six livres, tout chiffonnée, toute griffée et cernée de gris et noir. Oui mais, qu’il me dit, mon coeur, ne les écoute pas, ils te diront qu’il faut sortir de là, qu’il faut oublier et puis que la vie est belle et puis que et puis que, et puis que, tes ressources et tout çà, ta richesse, et tout çà...mais toi tu sais bien que tout çà, çà vient de là, de l'amour que tu as gros comme çà. Ne les écoute pas, ils ne comprennent pas. Il leur faut des livres, des histoires inventées, des films, des images, mais pas ton histoire, non tu leur fais peur avec ton amour intarissable, avec tes larmes qui font pleuvoir tout un hiver. Ne les écoute pas, crois moi, un cœur de coquelicot c’est quand même plus beau qu’un artichaut. Tu vois l’artichaut, lui, il ne sait pas où il va, toi tu sais, tu me suis, et c’est là qu’on va. Tu veux avoir de mes nouvelles mon ami. Tu dis même un brouillon, une feuille déchirée. Ben voilà, j’ai repris dans mon tas de feuilles flippées, fripées, écrites en pleins et déliés, j’ai repris pour toi, celle ci. Pour toi qui me recueillit, pressé, tordu, essoré, la gueule sur le pavé. Je suis en chiffon, en papier crépon. J’ai mis de l’encens plein la maison. Je me souviens de ton regard, sévère et plein d’amour, je me souviens que tu me regardais comme si tu me connaissais depuis toujours. Je me souviens, que depuis toi, et ben je suis resté vivant, mon ami.

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