27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 23:08

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Ce soir, je pense à cette petite famille de Dhulikhel,  à la Shiva Guest House, le dal bath et le riz à la cocotte qui siffle sur un feu de bois, les « collines » à 3000 m,  les parfums de fleurs, les poules qui gambadent entre les rangs des plantes qui font rire, les gosses qui poussent inlassablement les pneus recyclés en jouets dans les ruelles pavées.

 

 Ce soir flotte un parfum d’encens dans ma petite bicoque que je pare de jour en jour de toutes les couleurs imprimées depuis dans mon cœur. C’est une veillée.

 

Demain c’est le grand voyage, on largue devant, on largue derrière. Je pars dans le sommeil comme on quitte un quai discrètement, sans la trahison du moteur, avec une voile d’avant vers le pays des songes et retrouver la trace laissée il y a quelques années. Reprendre enfin le chemin de mon chemin. To be in the right place in the right moment, qu’il m’avait dit.

 

Voilà, c’est le bon moment. Demain, quoi déjà ?  Oui c’est demain, demain de bonne heure, un autre regard, le mien, vu de l’intérieur. Demain j’irai nu dans le bois, retrouver mon arbre et lui promettre de ne rien oublier, ni lui, ni moi. J’irai tremblant dans la fraicheur de l’aube, les pieds dans l’herbe tendre et je l’embrasserai. Nous parlerons ensemble et puis sur ses conseils, oubliant d’avoir froid, oubliant d’être nu, j’irai faire ce pourquoi je suis là, aimer et le dire à ma manière, ajusté à mon regard.  Je reprendrai mes vêtements, ma caméra, et le cœur ramassé au fond du sac et qui va avec.

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Published by Philippe Maréchal - dans Plans fixes sur les quais
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