26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 19:39

Chroniques des pays d'en bas 1.02.Copy.0
Vidéo envoyée par fleurdecoucourge

Loin des salons, plus aéré mais bien plus convivial, un autre parler...

Trois vidéos en arrière, je vous ai déjà proposé un bout de chemin avec Alain Peyre, berger à Valleraugue dans le Gard, on le retrouve ici vers la cime comme il dit, traversant avec son troupeau la route qui mène à L'Aigoual, et sur la route, on croise parfois du monde...

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 09:56
C'est un commentaire de Jano, qui n'a pas réussi à l'envoyer sur le blog à propos de ma dernière vidéo reprenant l'intervention remarquable dans un débat à Sumène au mois d'octobre passé, du dernier patron de LIP, Claude Neuschwander. J'ai donc reçu ce mail de Jano, je le délivre ici, en tant que commentaire d'une part et aussi parce que je suis sensible à la réflexion qu'il suscite, à vos claviers...(Je n'ai pas réussi à augmenter la taille des caractères, mes excuses à Jano)

Salut,
J'ai vu le film ; la teneur de son franc parlé ne m'a pas étonné dans ce contexte. Sa franchise a permis aussi de faire un vrai travail de reconstruction industriel… Le débat qui suivit après ce super film, où l'ensemble du public a lui transigé sous la bénédiction d'un "ancien" de Lip, me rappela que j'étais à Colmar et que de ce bled, la lutte de classe ou même la notion de classe n'est pas d'actualité, question paraît-il d'interprétation sociétale. Je me suis cassé dar dar de ce panier de gôche molle. 
Ce qui par ailleurs peut paraître décevant, c'est que "la révolution" accomplie durant l'occupation de l'usine durant des mois, n'a jamais été un but pour la majorité des salarié-es et des délégué-es. Ils et elles l'ont pourtant "réussis", mais uniquement pour sauver l'outil de travail et l'emploi - ce qui est tout de même très honorable et formidable. Par contre, la solidarité de classe n'a été que dans un sens, celui de soutenir les lip, mais leur expériences n'a pratiquement servie à personne ultérieurement.
Cette problématique est récurrente : Aujourd'hui aussi, lorsque le patronat ne soutient plus une entité de production - sur place ou pas - les salarié-es revendiquent un nouveau patron - considérant qu'il/les ne sont pas apte à assumer la responsabilité de leur production. Alors que c'est bien la classe ouvrière qui reproduit toute la production et tous les services. Le conditionnement intrinsèque de la culture de la hiérarchie et de l'autoritarisme est la meilleur arme des conservateurs et des "réformistes", tout le monde - ou presque - participe allègrement au matraquage du respect des hiérarchies, des gourroux libéraux, sans quoi, pôvres de nous, nous ne serions que bon pour la crise de reproduction, bon pour la famine, le chaos, l'anarchie quoi !
Bin tiens justement…
Amitiés
jano

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Published by Philippe Maréchal - dans invité(e)
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 22:30
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 09:02
Dès la semaine prochaine je vous proposerai un portrait, des images du coin et le coin est large...essayant modestement de sortir des mondes formatés, à la rencontre de l'impossible dans l'exercice difficile d'une aventure extraordinaire, le quotidien. Il y a tellement de quotidiens différents...

Philippeundefined

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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 08:58
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Signal OS, 4ème série, janvier 1938.
 
 
Je suis Théodore Balmoral, sain de corps et d'esprit, dernier survivant à bord du Tarabuste où plutôt le fourbis qu'il en reste. La radio est hors service, la bobine de cuivre a cramé. Ne reste plus qu'un brûlis de séquences de vies perdues. A côté de moi un ours bleu, le berceau est parti par-dessus bord. J'ai peur, j'ai soif, il y a de l'eau partout. J'ai chaud, de la suée, j'ai froid, je grelotte dans cette eau de mémoire. Une odeur de plomb, brutale, le ciel de mon crâne s'épaissit, reste ce vide bruissant qui monte comme l'eau. Une vague ourlée a déferlé, de l'écume, de la mousse, je nage dans le produit vaisselle. Les digues de mon cerveau ont lâché, colmater? Avec quoi? Un déluge, un fracas.
Les pieds plantés dans la vase, je ne peux bouger. L'onglée, l'eau froide infuse son venin. Nager pour avancer? Pas moyen, je finirais au mieux avec une bonne bronchite. Le sel colle mes paupières comme des volets clos l'été. Dans ma bouche, un goût de fioul. Autour tournent les treize morts; l'eau s'écoule un peu, les yeux restent grand ouverts. Je bute sur eux, les plafonds pourris menaçants. Il faut garder les dents pour les manger. Ils sont muets, délavés, bien lavés, la bouche comme une ouverture, une invitation.
Le Tarabuste simple maquette de bois, mémoire précieuse de treize corps gonflés : Emily Dickinson, Gustave Roud, Ester Tellermann, Bernard Vagarftig, Christophe Fiat, Michael Gluck, Yves Di Mano, Gérard Haller, Ariane Dreyfus, Philippe Beck, Patrick Reumaux, Jean-Paul Michel, Roger Laporte.


Karine Bergami

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 17:28

Claude Neuschwander
Vidéo envoyée par fleurdecoucourge

Extrait d'un débat que j'ai filmé à Sumène, le 11 octobre dernier, dans l'ancienne usine Carabasse, après la pièce de théâtre les yeux rouges... Claude Neuschwander, ancien patron de lip. venait de découvrir cette pièce traitant de l'épopée des lips, il nous invitait à ne pas baisser les bras, lui qui disait "on ne transige pas avec la lutte des classes..." Cette soirée avait lieu dans le cadre "des héritiers de la classe ouvrière", organisé par Bruno Canard, le directeur de la médiathèque Lucie Aubrac de Ganges, Hérault. L'image est assez sombre, mais les propos valent la peine à mon avis...

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 14:28

Rémi Leenhardt
Vidéo envoyée par fleurdecoucourge

où il est question de conservation de races ovines autour du barbecue de Remi Leenhardt, un jour de mai 2007 à Valleraugue, Gard, pendant le festival des "Arrrrts de la rue."... Un petit creux, une saucisse, tout un monde que l'on découvre, un peu de politique agricole, pour qui écoute, y'a pas de petits moments, restons vigilants...

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 11:24
undefinedEt la mémoire, depuis le temps qu’on en a de la mémoire. On devrait s’en souvenir. On devrait le savoir qu’il ne faut pas écouter les bonimenteurs. On devrait prendre garde depuis le temps où l’on se fait avoir à chaque fois qu’un beau parleur nous ressasse l’exhaustif et même les apocryphes. Attention à qui s’en empare de la mémoire collective, pour s’en servir, pour en détourner jusqu’à l’exemple à des fins personnelles, pour cacher la vacuité et le gout du pouvoir, pour nourrir l’ambition. Car il est bien là le problème avec le projet du devoir de mémoire dont le président parle pour les écoles, ce n’est pas là évidement pas le sujet, c’est plutôt comment un homme tente de s’accaparer l’Histoire à son profit, tandis que d’aucuns à juste titre réfléchissent au problème et aux conséquences, l’espace est occupé par cette proposition qui occulte le présent. On devrait pourtant s’en souvenir que ceux là mêmes qui exaltent les mémoires et les passions à leur seul profit, accaparent le présent pour eux-mêmes.  

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17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 12:20
Monsieur le président, en ces temps où le religieux ressort de dessous les soutanes et gratouille les barbus, remettons les pendules à l’heure…Je n’ai pas oublié, ma tâche suprême, en tant que navigateur sur les fiers vaisseaux de la République, gardien des chronomètres marine du bord…
 
…L’origine des temps est l’instant du passage du soleil fictif moyen au point vernal.undefined
Il faut imaginer un soleil civil tel que les écarts entre les cercles horaires du soleil vrai et du soleil civil soient fonction de l’équation du temps.
L’équation du temps prend en compte l’équation au centre et la réduction à l’équateur. Les zéros de l’équation au centre sont fonction de la position du soleil vrai par rapport à la ligne des absides qui se déplace annuellement dans le sens direct de 0° 00’ 11’’5.
Les zéros de réduction à l’équateur sont fonction de la position du soleil vrai par rapport à la ligne des équinoxes qui se déplacent annuellement dans le sens rétrograde de 0° 00’ 50’’2.
Périgée et point vernal se rapprochent annuellement de 0°01’01’’7, si les zéros de réduction à l’équateur vont se reproduire aux mêmes dates de chaque année tropique, ce n’est pas le cas des zéros de l’équation au centre dont les dates vont différer entre deux années tropiques successives.
Mathématiquement, l’équation du temps est donc la somme algébrique de deux angles :
L’angle 1°55’12’’ (équation du centre compté positivement ou négativement)
L’angle 2°28’08’’ (réduction à l’équateur, compté positivement ou négativement)
Au plus, cette somme algébrique est égale à un angle de 4°23’20’’ compté positivement ou négativement.
En temps, cet écart est donc un retard ou une avance au maximum de 7 min 41s + 9 min 52s= 17 min 33 s.
Quand l’équation du temps est positive, le soleil civil est en retard par rapport au déplacement dans le sens direct.
Quand l’équation du temps est négative, le soleil civil est en avance par rapport au déplacement dans le sens direct.

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 18:23
POIVRE ET SEL
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Il était fin comme du gros sel, un vrai idiot. Sa vie c’était la mer, le pauvre village. A la plage, dans les vagues il faisait la mort, le vide. Il détestait la ville, la campagne, les écus des riches. Bronzé dans le sable, le sable ondulait sur sa peau. Son corps avait le charme exquis d’un cadavre plein de poches. Il élevait au pain des cafards crotteux. Les jours de fête, il gardait quelques miettes de quiche dans une niche, véritable trésor sonnant, trébuchant. Un plat délicieux, un met de roi. L’odeur, c’était sa raison de vivre.
Tous les jours, il allait à la rivière chercher du gravier, indispensable au tannage des peaux de cafards. Le temps passant, il devenait chaque jour plus pâle, couvert de cloques. Cela ne l’empêchait pas de danser, de remuer son gros postérieur à l’éclosion des œufs ternes, pourris, puants. C’était tout simplement parfait, ça le rendait généreux.
Il ne se voyait pas au restaurant, dans un palace, sa place était ici, la langue déliée entouré de grilles. Parfois, il se sentait comme un sac troué, un corps sans rate, sans foie ni loi. Dans ces moment là, c’était la déprime, le brouillard, le pain sec, l’eau. Tout crotté de désespoir, il revenait quand même au réfectoire les soirs de lard fumé. Les pilules l’avaient mis sous silencieux mais dans sa tête cela faisait dring. Le cerveau vide, maladroit, plus rien ne faisant obstacle, il osa enfin demander le poivre à Ludmila.


Karine Bergami 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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