30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 15:31

 

La sonnerie retentit. Les portes claquent. Petit lapin s'est encore fait pincer les doigts. Les voyageurs ont la tête enfoncée dans les épaules. La lumière écrase tout le monde tandis que le train s'enfonce dans le tunnel noir. Le gars est debout, arcquebouté sur ses jambes écartées. Il se tient comme il peut.

Ne vous inquiétez pas ce n'est pas une prise d'otages. Excusez moi d'interrompre votre tranquillité...”

Il se met à chanter. Sur les murs, les publicités s'étalent, entre autres, la prochaine tournée de Michel Sardou. Lui, c'est aussi un chanteur. C'est un chanteur de métro. Un metronome, il ponctue les patés de têtes, les parcours intérieurs des voyageurs qui tournent en rond entre Porte de Vincennes et Concorde, entre les courses à faire, le bureau, ou bien le chantier ou bien vaguement les manifs pour la retraite. Lui, la retraite, çà ne doit pas l'effleurer. Il a de l'allure, celle qui fait fait rire à la télé quand on voit les Deschiens. Le col est boutonné jusqu'en haut, sans cravatte. La veste est rapée comme un quai de métro, la barbe lui donne l'air spirituel de Laspales et son sourire fond comme la gaité dans un hall de commissariat. Il chante sur un rythme qui ne colle pas du tout avec la chanson. Ma voisine sourit. Elle prépare sa monaie. C'est pathétique et c'est drôle à force d'être triste. Au cinéma on appelle çà un rôle à contre emploi. Il chante “ Que c'est beau la vie...”On sent bien que c'est pas beau la vie, pour lui. Il passe devant les voyageurs en tendant son gobelet pour récolter la monaie. On est trois à y mettre des pièces. Il descent sur le quai quand les portes s'ouvrent. Je le vois dans l'autre voiture à travers la vitre. Il recommence, “Que c'est beau la vie...”

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 21:33

 

"Fille de rouge" de Isabelle ALONSO (Héloïse d'Ormesson). Le Lecteur a le préjugé tenace. Il se refuse à fréquenter les amuseurs inféodés aux chaînes de l'abrutissement télévisuel. Il lui a donc fallu accomplir un effort quasiment surhumain pour ouvrir l'autobiographique roman d'Isabelle Alonso, laquelle Isabelle officiait (au temps où il consacrait un peu de son temps à l'observation de la lucarne) "chez" un certain Ruquier. Le roman est recevable. Point génial, mais convenable. Avec ce qu'il faut d'émotion(s) contenue(s). Normal: l'histoire d'Isabelle Alonso est intimement liée à celle de la guerre d'Espagne (côté Républicains, bien entendu) et à l'exil de celles et ceux qui refusèrent de se soumettre. Des rouges, en particulier.

 

 

"La princesse des glaces" de Camilla LÄCKBERG (Actes Sud). Les hivers suédois sont particulièrement rigoureux. La belle Alexandra passera tout de même quelques jours dans la baignoire de sa villégiature. Transie à un point que cela n'est même pas concevable. Raide morte. Meurtre? Suicide? Une non point moins belle biographe et un flic, amoureux de la biographe, élucideront le mystère. En Suède, les secrets de famille ont la vie dure. Cela donne un polar qui se traîne parfois, qui s'alanguit souvent, mais qui ne manque pourtant pas d'un certain charme typiquement scandinave.

 

 

"Zulu" de Caryl FEREY (Folio Policier).Tout serait-il donc si noir dans l'Afrique de Nelson Mandela? Corruption, drogues, sida, crimes barbares. Un polar ne porte pas témoignage à la façon d'un reportage. Un polar est une forme d'investigation qui peut faire fi des réalités, ou bien encore jouer avec elles et les remodeler. Le Lecteur a pris le parti du polar. Des crimes barbares, de la drogue, le sida, la corruption. Des monceaux de cadavres. Quelques flics qui s'évertuent à élucider le mystère. Des nostalgiques de l'Apartheid. Des trafics insensés. Tous les ingrédients du genre. Du rythme. Echevelé parfois. Un exercice maîtrisé. Une réussite.

 

 

"Effondrement" de Horacio CASTELLANOS MOYA (Les Allusifs).Le Lecteur a déjà exprimé tout le bien qu'il pensait de l'oeuvre de l'écrivain salvadorien ("Déraison" et "Le bal des vipères", chez le même éditeur). Ce nouveau roman ne fait que le confirmer dans son appréciation. Un roman à la structure très particulière, qui narre l'histoire d'une famille placée en équilibre instable entre le Honduras et la Salvador, avant, pendant, puis après la guerre qui opposa brièvement les deux pays.

Avant? Côté Honduras. L'épouse dominatrice séquestre son époux afin de lui interdire de participer aux épousailles de leur fille avec un ressortissant salvadorien (lequel époux est par ailleurs président du parti nationaliste qui détient le pouvoir). Castellanos Moya use alors avec brio d'une écriture théâtralisée (dialogues incisifs, entrecoupés d'indications pour une éventuelle mise en scène).

Pendant? 1969. Honduras et Salvador. La guerre éclate. Brève mais point trop sanglante. Le père et sa fille correspondent par les voies traditionnelles, pendant que la mère, nationaliste exacerbée, use comme elle le peut du téléphone pour, entre autres, accuser de vive voix sa fille de collusion avec l'ennemi (le Lecteur abrège!).

Après? Cet après s'articule autour de deux pôles: l'immédiat de l'après puis vingt ans après.

L'immédiat de l'après se situe en 1972. Toujours sur le mode la correspondance entre la fille et le père. Le Salvador va vivre sa tentative de putsch. L'époux de la fille est assassiné. La mère n'a toujours pas pardonné la trahison et, désormais, elle s'exaspère contre la volonté d'émancipation de la jeune veuve.

Vingt après? Honduras. La mégère se meurt. La mégère est morte. Le récit s'en revient à un mode plus classique, donc romancé. Castallanos Moya confie alors la narration à l'homme à tout faire de celle qui est devenue une bien vielle et sinistre dame. Un homme à tout faire qui est alors le témoin privilégié de l'effondrement.

Voilà bel et bien un roman d'une facture exceptionnelle. Un roman original, peu conforme à l'héritage littéraire des grands maîtres latino-américains. Une remarque à la marge mais qui induit l'idée que Catellanos-Moya est déjà un de nouveaux grands maîtres de cette littérature-là.

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 11:52

Je l'ai vue. Je vous assure je l'ai vue, de mes yeux vue. Elle était tout en couleur et accrochée au mur prestigieux.

Elle trônait à côté des bondieuseries dont elle se chargeait sans doute par osmose ou bien par capillarité. Elle trônait chargée, de la même aura qui orne les prouesses des récits peints et patinés par le temps. Elle brillait par l'usure, celle là provoquée par des yeux qui l'ont carressée d'un geste souple en un aller retour de curiosité et d'admiration. Je l'ai vue comme on la tiendrait enfin dans sa main, toute frêle et usée, inopérante et vaincue comme un billet qui n'a plus cours. je l'ai vue, clouée en Delacroix, sur le mur du musée du Louvre, entourée d'autres larons de l'histoire, témoins qu'il advînt quelque chose et qu'on attendit en vain qu'il en résulta autre chose, une conscience peut être.

Je l'ai vue, vous dis je, la révolution à" Paris, mai, mai, mai, mai, mai Paris mai"...en octobre..., je l'ai vue, accrochée, en allégorie, en attendant jeudi et sa version moderne, gare de Lyon où les trains l'attendront et moi aussi avec mon sandwich au jambon.

Des histoires j'en ai de plus rigolotes et plein les yeux à vous dire et vous écrire, du pathétique, du vrai du grand, du beau comme au temps de "Dubonnet" dans les tunnels, au cul du serpent barriolé et trompettant de la RATP...en ligne bientôt en fin de semaine, sur cette page comme on dirait dans une bande annonce...Peu de temps ces jours pour vous écrire à vous dire, mais du croquignolet qui fleure bon le pavé et le " petit jardin près du métropolitain". Voulez vous que je vous dise, je crois que je l'aime bien, ce petit monde parisien...

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 03:16

C'est pas pour dire, mais...je suis à Paris et je suis arrivé à l'heure... Eh ben, les vendeurs de tour Effel sont sous la tour Effeil "for a very good price", les cafés sont pleins, et chers, ya la queue devant les musées comme chez nous chez Paul Emploie, en six heures de marche j'ai vu un flic, en l'occurence une dame qui m'a aidé à traverser la rue, j'ai vu la révolution en fresques sur les murs du métro à Bastille, et des autocollants de la CGète pour la retraite à soixante ans sur des bites en fer autour d'un petit épicier ouvert  7 jours sur 7. Bon je continue mon immersion et je vous tiens au courant.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 12:02

C’est pas pour dire mais…à quoi  rime de reculer l’âge de la retraite si l’on  considère que l’âge moyen de la rentrée sur le « marché du travail » est de l’ordre de 28 ans et que la sortie imposée par les licenciements abusifs d’ordre économique  est autour de 52 ans… Tout cela relève d’une hypocrisie toute aussi insupportable que les propos d’un responsable d’une usine pétrochimique ce matin dans mon poste de Culture, l’exact contraire du commissariat, et qui  s’indignait en faisant remarquer qu’une grève çà coute cher, çà nuit à la productivité et au chiffre d’affaire de la chimie en France, autour de 80 milliards d’Euros, et que cela provoque une perte autour de 100 millions par jour… Ben oui, mon gars, tout çà pour dire qu’une retraite à 62 ans, 67 peut être en suivant l’ Allemagne un jour, alors qu’on est au chômage à 52 ans, cela n’a aucun sens, autant que de dénoncer des inconvénients à la grève relève de la bêtise, pardon, fadaise, heu, sottise, enfin,  sornette, ou bien niaiserie bon toute une liste qui laisse rêveur le dictionnaire des synonymes. Autant imaginer qu’une grève qui ne gène en rien un pouvoir inflexible face aux demandes de dialogues aurait un impact sur lui… Des jeunes gens bien mis et propres sur eux et ades vieux qui ne sentent pas encore la maison de retraite et des « actifs » protestants sur Face Book : « c’est pas bien, non c’est pas bien… »  Au cul la chimie, c’est tout pour aujourd’hui.

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 11:40

 

C'est pas pour dire mais...la retraite çà me fait toujours penser à celle de Russie, celle de la « grande armée » et de son passage pathétique et forcé sur la Bérézina. Ou bien celle des autrichiens et des russes à Austerlitz. Pour le commun des mortels chez nous c'est plutôt le rêve d'aller la prendre à la gare de Lyon, vers le sud, en bas à gauche, au chaud le long des golfes verts. La retraite, c'est un chausse trappe pour talonnettes. C'est toujours un problème pour les grands de ce monde et même des petits qui la dirigent, comme Napoléon et qui la vécut sur son cheval en faisant la gueule, renfrognée, dans les jours glacés avant de s'emmerder ferme, après le sursaut des cent jours, à Saint Hélène, pension complète dans un cottage gai comme un bigoudis de Margaret Thatcher. C'est chiant la retraite, qu'il se disait en se grattant le foi, à longueur de journée et à Longwood. Ce cortège de bonnets à poils et penchés contre le blizzard me vient toujours à l'esprit quand on l'évoque, j'y peux rien. Comme m'a marqué le visage de mon retraité de père lorsqu'il lisait l'avis de décès de ses copains cheminots et pensionnés, sur la vie du rail, « merde », qu'il disait « celui là, y va pas coûter cher à la caisse ». Elle a toujours cette connotation négative pour moi, le dernier grand chahut, avec les courbatures et les pieds qui font mal, dans des souliers devenus trop petits, avant l'inéluctable, le grand départ, celui là qui mène, pépère, en suivant le corbillard de Georges, vers les champs élyséens. Et après, ben après, peu de repères, sinon quelques poils, ceux des religieux, toujours eux...ceux là nous en promettent bien. Le paradis, ou bien l'enfer, ou ce qui paraît une piètre consolation le purgatoire, sympathique comme un clystère, quoique sans douleur pour ceux qui ont du le pratiquer à leur corps défendant pendant toute une vie à lire les prospectus des gugusses candidats à la plus haute fonction... Le paradis, c'est comme l'exigence pour arriver taux plein à la félicité du pêcheur à la ligne, illusoire pour la plupart, laisse tomber la canne et le bouchon, c'est pour les premiers de la classe. L'enfer par contre, semble demeurer une perspective tout à fait envisageable. En effet, toutes les religions nous le prédisent si on demeure circonspect face à leurs injonctions respectives. Ce qui a pour conséquence de t'y condamner immanquablement. Si tu observes les prescriptions de l'une qui comme toutes les autres déclarent détenir la vérité, tu seras condamné par le Dieu de celles que tu négliges, donc, comme disait l'évêque Cochon, celui là même qui scella le sort de la pucelle d'Orléans,( grognement porcin à éructer en cours de lecture) : au feu...

Bon c'est tout pour aujourd'hui... Ah si, j'allais oublier, j'ai entendu dans ma radio nationale et de Culture, il y a deux ou trois jours, que les marins de la SNCM , arrêtaient leur mouvement de protestation puisqu'ils avaient obtenu gain de cause au sujet de leur régime spécifique de retraite...marins de la grande bleue et députés unis pour l'occasion sous la même couleur,( pour ces derniers depuis le rejet d'un amendement pourtant honorable le 3 septembre dernier) qui sauvent leur régime, même combat...ben, du moment que pour nous çà va, pour les autres, rendez vous au coin du feu...Tous ensemble, tous ensemble...

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 09:41

 

1. Vous n’avez pas remarqué que s’est déroulée ce 17 octobre la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté(variante bobo : la Journée mondiale du refus de la misère) ?
Les pauvres non plus.
Et ils ne sont pas au bout de leur peine : l’
Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion socialene se termine que le 31 décembre 2010.

Pour enterrer en beauté cette année 2010,
les SDF manifesteront à Bruxelles (et dans les 26 autres capitales de l’UE) le 31 décembre :

Concept, arguments, slogans, appel à volontaires : voir http://www.manifestement.be/2010bis/index.htm

L'année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale a du bon : après une année rien que pour eux, les SDF vont nous lâcher la grappe !


2. Le Collectif MANIFESTEMENT prépare aussi sa manifestation 2011 sur le thème :
“Tous unis contre la démocratie!”
Concept,  arguments, affiche, slogans, début de débroussaillage théorique : http://www.manifestement.be/2011/index.htm





Intéressé(e) ? Prochaine réunion de préparation ouverte à tous :
dimanche
24 octobre à la Loeuvrette Factory 44 rue Coenraets - 1060 Bruxelles
16h : manifestation “SDF”
18h : manifestation “démocratie”
Venez les mains vides mais avec du temps de cerveau disponible : il y aura à boire et  à s’investir...

... ou envoyez vos idées, remarques, slogans, critiques, images, contacts à : contact@manifestement.be





Pour devenir ami(e) de Collectif MANIFESTEMENT  sur Facebook :
http://www.facebook.com/?ref=home#!/profile.php?id=100001618939103&v=wall

Pour entrer dans le carnet d’adresses du Collectif MANIFESTEMENT :
mailto:contact@manifestement.be?subject=Incription Mailinglist

Pour sortir du carnet d’adresses du Collectif MANIFESTEMENT :
mailto:contact@manifestement.be?subject=Désincription Mailinglist

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 12:47

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 13:15

 

"La Montagne de minuit" de Jean-Marie BLAS DE ROBLES (Zulma).Le Lecteur est perplexe. Voilà un (court) roman dont l'écriture et le style l'ont enchanté. Il fait sienne cette mise en garde: "... tu contribues au déclin de la rationalité qui assombrit notre début de siècle; une vaste embrouille des cerveaux où se nourrit le plus lointain minuit des hommes. S'il y a quelque chose de pire que la religion, c'est le mythe; la littérature est bien incapable de changer le monde, mais dis-toi qu'elle a encore les moyens d'entretenir ce qui le désagrège." Alors? Fut-il piégé par l'Ecrivain au point de s'être laissé aveuglé par le récit de la passion de Bastien pour le Tibet et le lamaïsme? Bastien, gardien reclus dans un collège de jésuites? Bastien le mal aimé? N'a-t-il point perçu les subtilités et les nuances qui s'insinuent dans les deux voix qui se juxtaposent: celle de Rose et celle de Paul son fils. Rose qui réside, à Lyon, dans le même immeuble que Bastien. Rose qui matérialisera le rêve du vieil homme et lui offrira le voyage de Lhassa. Où elle se confrontera aux remugles d'une histoire dont les nazis ne sont pas absents.

Donc piégé, le Lecteur? Ou peut-être inattentif? Ce qu'il retient de cet ouvrage, ce qui lui confirme que la mise en garde citée ci-dessus est valide, c'est cette sorte de postface, la petite quinzaine de pages dans lesquelles Blas de Roblès éclaire son roman, cette petite quinzaine de pages qui lui sert à exorciser les mythes. Le Lecteur a-t-il usé de subterfuges pour donner un peu de consistance à sa perplexité?

 

 

"Les Jeux de la nuit" de Jim HARRISON (Flammarion).N'en déplaise aux grincheux, Jim Harrison n'a rien perdu de sa verve. Le Lecteur n'a en effet rien trouvé dans cet ouvrage de ce qui pourrait justifier des véhéments reproches formulés sur France-Culture par une critiqueuse patentée. Au point qu'il se demande si cette pourfendeuse intégriste a vraiment lu le second des textes, "Chien Brun, le retour"! (Des retrouvailles! Chien Brun avec lequel le Lecteur fit connaissance dans "La femme aux lucioles").

Le Lecteur est toujours fasciné par l'art si particulier de Jim Harrisson de faire évoluer ses personnages dans leur relation à leur environnement. Géographique (où le Montana occupe une place centrale). Culturelle. Humaine. Economique. Sociale. Tout ce qui donne consistance à la vie. Que l'on soit une adolescente (Sarah) obsédée par l'idée de la vengeance à l'encontre de celui qui la viola. Que l'on soit un exclu du miracle américain (Chien Brun). Et même que l'on soit devenu une sorte de loup-garou incapable de se contenir les nuits de pleine lune! Harrison reste un formidable conteur.

 

 

"On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux"de Robert BOBER (P.O.L.). Là, le Lecteur le concède: il triche. S'il a vibré à la lecture de ce faux vrai roman, c'est qu'il y a retrouvé des pans entiers de sa vie. Puisque le récit débute avec la préparation du tournage du film de François Truffaut "Jules et Jim". Puisqu'il l'emporte ensuite dans l'immensité de la foule qui participa aux obsèques des victimes de Charonne (13 févier 1962, le Lecteur n'avait pas encore vingt ans!). Puisqu'il y croise Roger Vailland. Puisqu'il l'entraîne au Père Lachaise, jusqu'au Mur des Fédérés. Puisque, enfin, il le convie dans un voyage jusqu'à Berlin.

Le Lecteur abrège: il a vécu dans la proximité de tant de ces évènements que relate Bober. Il a, par exemple, écouté et aimé Joël Holmès. Le Lecteur abrège, car l'essentiel du propos de Bober n'est évidemment pas contenu dans les pages de cette Histoire qui sont celles du début des années 60. Bober part à la recherche des traces des deux disparus, les deux pères (son père à lui, et le père d'Alex, son demi-frère) qui furent les époux successifs de sa mère, deux juifs polonais. Que s'en reviennent alors sur le devant de la scène les moments les plus effroyables de l'histoire contemporaine. C'est vrai: on ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux (la phrase est de Pierre Reverdy).

En guise de post-sciptum, puisque le Lecteur évoqua Charonne, quelques phrases sur les obsèques (dont le Lecteur suppose que Bober les a retrouvées dans l'Huma): "Les premiers rangs de la foule avaient atteint le Père-Lachaise avant que les derniers, au-delà de la République, aient pu se mettre en marche. Paris n'avait pas vu un tel cortège depuis des années. Combien étaient-ils, ces hommes et ces femmes, agglutinés dans la lente montée de l'avenue de la République, suivant les obsèques des huit manifestants tués le 8 février? Et les fleurs! ce fut une marée. Du haut de Ménilmontant, ces fleurs c'était comme un jardin en marche, submergeant lentement l'avenue de la République. Une des images les plus belles et les plus inoubliables qu'ait jamais offertes Paris à ceux qui aiment son peuple. Avec les fleurs, ce qui frappe le plus, c'est le silence. Pas un cri, pas un bruit ne sort de cette foule immense. On entend à peine le lent piétinement, sur le sol mouillé, de cette fantastique colonne qui accompagne ses morts vers les hauteurs de la ville, dans le vent glacial, les bourrasques de pluie et de grêle. Pendant toute la matinée, on ne verra pas un policier, pas un agent. Et jamais cortège n'aura été plus ordonné, plus discipliné, plus recueilli. Dans ce cortège, des mineurs de fond avec leur casque et leur lampe. Des déportés ont remis leur pyjama rayé d'il y a vingt ans. L'étoffe est délavée, fanée, grise comme celle d'un vieux drapeau. Après les fleurs, on porte de front les photos des victimes. Derrière, seule, la photo du petit Daniel Ferry. Un visage d'enfant. Il sourit, et ce sourire arrache des larmes à tous ceux qui le voient. Derrière la photo, suit immédiatement le fourgon funèbre de l'enfant recouvert de blanc."

 

 

"Mort de Bunny Munro" de Nick CAVE (Flammarion). C'est l'histoire d'un mec qui a deux grosses couilles en lieu et place du cerveau. Et qui vend des produits de beauté à des rombières. Insignifiant.

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 09:48

 

Communiqué de presse

 

POUR QUE LE MONDE SELON MONSANTO NE DEVIENNE JAMAIS LE NÔTRE,

NI A NÎMES NI AILLEURS !

 

Le collectif gardois anti-OGM invite la population à se joindre à cette journée internationale d'action contre l'agrobusiness et l'appropriation du vivant par quelques multinationales. Monsanto, Limagrain, Syngenta, Pioneer exercent sur le monde paysan et sur les consommateurs une pression financière, politique et environnementale. Les objectifs de Monsanto, depuis sa création, ont toujours été les mêmes : produire, pour réaliser un maximum de profits, quelles qu'en soient les conséquences pour la planète et les hommes (guerre, pollution, empoisonnement, asservissement des paysans, etc.).

 

L'appel international lancé par La Via Campesina (organisation paysanne internationale pour une semaine de mobilisation contre Monsanto et l'agrobusiness est soutenu par de nombreuses organisations nationales http://www.combat-monsanto.org/spip.php?article731

D’autres actions similaires ont déjà programmées autour du 16 Octobre dans diverses régions françaises et dans différents pays européens.

La volonté de mainmise de l'agro-industriel Monsanto sur le vivant, les semences et la dictature alimentaire mondiale qui en découle se traduisent aussi localement, à NIMES, par le rachat de la société de semences Seminis.

Nous manifesterons ce jour contre Monsanto et les agro-industries et pour que des alternatives sociales, écologiques et solidaires soient développées.

 

Alors qu'une pétition européenne pour un débat sur les OGM (qui n'a jamais eu lieu) recueille plus d'1 million de signatures, alors que la souveraineté alimentaire revient au centre des préoccupations mondiales, le procès de 87 faucheurs volontaires d'OGM, dont 4 Gardois qui figurent parmi les prévenus, vient à point nommer pour évoquer ces problématiques. Il aura lieu à (Marmande Lot et Garonne) les 11-12-13 octobre 2010 pour un fauchage de maïs Monsanto MON 810 en septembre 2006.

 

POUR QUE LE MONDE SELON MONSANTO NE DEVIENNE JAMAIS LE NÔTRE

 

ACTION CITOYENNE samedi 16 octobre 2010 à NÎMES (30)

 

Nous invitons la population gardoise à se mobiliser contre les agro-industriels et les politiques contraires aux intérêts de l'ensemble des citoyens.

Nos revendications : la mise en oeuvre d'alternatives sociales, paysannes, écologiques et solidaires.

Le programme de cette action :

  • accueil dès 9 h 30 rendez-vous place de l'Horloge à Nîmes

  • 12 h 30 pique-nique non OGM devant la Maison Carrée

  • 14 h 30 départ de la marche sur Monsanto (Rendez-vous sur le terrain municipal de la Bastide jusqu'au chemin des canaux)

 

contacts :

collectifantiogm@gmail.com

 

06 25 04 25 48

04 66 30 56 86

 

 

Collectif gardois anti-OGM 30190 St Genies-de-Malgoirès

 

 

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