19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 10:58

 

 

Un dimanche de mélancolie, à travers les rues sous la pluie. Inventer de nouveaux pas  et sur un chemin qui s'efface,  survoler les pavés pour ne pas glisser  comme un cheval aux sabots férrés. Acheter une mangue à un vendeur birman, croiser les regards de ceux qui fument aux coins des terrasses, et penser aux plus grands ceux qui l'ont chanté et se dire, comme une autre te l'a dit "Comme Eros, la mélancolie aspire à un au-delà qu’elle redoute autant qu’elle espère".

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 13:57

 

L’intention de poser un acte minimaliste  sur une feuille imaginaire est en réalité aussi éphémère qu’un assemblage de pensées sous un ciel étoilé. Ainsi je souffle toute la vacuité qui accompagne le cinéma permanent des pensées. Elles défilent dans nos têtes, comme les nuages dans un ciel de traine, cumulus congestus, , cumulus mediocris, cumulus humilis…  

Faire de ce moment où les phrases se déroulent dans la tête, la nique aux actes manqués. Soupirer dans un regret qui se loge dans le confort d’une larme.

Faire de cet instant qui débuterait en se roulant une clope, une introduction, et écraser le mégot en guise de conclusion. D’un pied assuré, éloigner cette cigarette roulée et sans filtre. Elle ne fut qu’un incendie de bouche, consumée et dégagée par mépris des pensées trop obsédantes pour être tues.  

Et puis, relire Rainer Maria Rilke : « Cherchez la profondeur des choses: l'ironie ne descend jamais jusque là ». 

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 12:45

humeur-du-chef 2978Rue de la Gaieté…C’est bien comme endroit, c’est bordé de Théâtres. Bonne idée la gaieté. On va dire que çà commence là. Faut que pas que çà s’y termine. Rue de la Gaieté, il y a aussi une impasse qui s'y colle. L’Impasse de la Gaieté. C’est quoi l’impasse dans la gaieté. Un masque, un masque antique dans un théâtre de Delphes.  Une attitude, un défi, un sourire prolongé qui se force. Une idée ? Non pas une idée, émotions, sentiments ne sont en rien des idées, des ondes, des vagues plutôt dans le sillage des anges qui passent à côté de toi, à travers toi. Celle qui s’active derrière le comptoir est belle, douce. Elle me regarde à travers la pièce, puis elle tourne la tête et sourit amusée. Je plonge la tête dans mon café et je touille. Une larme, deux tours de cuillère dans la tasse, et puis s’en aller. les larmes, c'est du sucre "à déposer sur ton coeur et sur tes pieds, jusqu'à ce qu'elles deviennent des fées" comme dans une chanson de Bigitte Fontaine. Cà ne lui est pas destiné. ca reste là, comme un colis oublié que personne ne viendra chercher. Et puis on est là pour travailler. Celle qui est devant moi consigne tout ce qui se dit et donne matière à réfléchir, à rebondir.  Oublier sa vie un instant et puiser dans l'oubli passager toute la matière pour créer. Ici les idées éclosent et se répandent sur la table et s’en vont se ranger dans un petit carnet de notes. Genèse d’un projet, c’est ici que çà démarre. Rue de la Gaieté, dans un café de Paris.

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 09:17

humeur-du-chef-1410.jpg

 

 

Il est des endroits où quand il pleut, tout devient moche, même ce qui semblait inaltérable comme la douceur de vivre dans un lieu préservé du temps et des hommes.

Mais Il est des endroits où quand elle tombe, sous un ciel plombé et sombre,  la pluie révèle, toute la beauté intérieure qui luit comme les élans de mon coeur. Je t'aime Paris.

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 08:46

ouais...partir sur un coup de balai n'est jamais réjouissant c'est un peu quitter Ar Men à la pointe Bretagne avec un coup de Noroit, mais j'y pense, une voile,ce que je sais faire de mieux, de quoi écrire et une caméra, croiser Gwen de temps en temps, et rejoindre mon Île. Je pense souvent à Ulysse, ou bien au Crabe tambour.

Envie d'écraser la tête du cyclope avec une théière japonaise, puis me refaire du gros temps. J'aime çà. Épauler à la lame, lofer dans la montée, légère abattée dans la descente. Sentir toute la puissance des éléments et la bienveillance de la mer à mon égard. Elle n'est jamais cruelle. Elle ne te veut aucun mal. Elle est. C'est tout.

09165246.jpg

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 19:56

 

 

 

 

Endormi. Plié sur le brancard. J’entends encore autour de moi, j’entends le personnel soignant et puis Anthony and the Jonhsons. Puis c’est la nuit.

Je suis dans le jardin. Ya des chênes. Je suis un gland sous un chêne. Plus loin, à travers la pénombre je vois l’endroit, le passage.  J’entends les sangliers croquer, grogner, se frotter. Dans tout jardin se tient un passage. Je l’appelle la troisième porte. Il y a la porte d’entrée, la porte de sortie, et puis la troisième porte, la mienne. Je ne savais  pas qu’elle menait à l’hôpital. Elle mène là où tes rêves où tes cauchemars, t’envoient.  Je restais collé à la chaise métallique, sous les glands  sous les chênes, sous les étoiles. J’avais roulé toute la soirée avec un bouquet de fleurs sur le siège passager. J’étais arrivé avec bonheur. Je suis reparti sans rien. J’ai jeté les fleurs dans le jardin de la maison d’à côté. Quand je suis rentré, j’ai appelé. J’ai dit, « tu me manques ». Elle m’a dit « ce n’est pas une bonne idée. »

J’adorais cet endroit, une serre sur la gauche, une frêle construction en bois recouverte d’un plastique comme un paquet cadeau, un arbre tordu, appuyé sur une cabane en bois, deux chaises, une table, métallique, un petit potager, un champ devant, un cyprès, et puis derrière, la maison léchée par d’autres arbres.

La porte s’ouvre, la médecine revient. Moi aussi. Les nausées se sont apaisées. Elle dit sans me regarder, faudrait voir le psy, vous voulez ? Oui. J’ai pleuré. Fini les coups, la baston, le boxeur, je pleure et je la regarde. Elle reprend la tension, au dehors les brancards font la course. Je finis par me lever. Ici on est habillé comme un con, pas comme Blueberry, à poil sous une chemise qui se ferme par derrière avec deux velcros. Mes fringues, retrouver mes fringues, dans deux sacs papiers. C’est rien deux sacs en papiers. C’est toute une vie aussi. Couloirs, lumières, infirmiers, toubibs, malades, déglingués de toutes sortes, des portes, puis une autre, la troisième porte de l’hôpital, le service psychiatrique.  Encore une médecine, c’est  au moins Aristophane.

-Quel est votre problème ?

-Vous.

A suivre...

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 16:36

 

5034763dd1b6d30127ce0765dfda29cc h
Avant ce combat, il y en eut un autre. Chiwawa Pearl lui apparaissait à l’autre bout du bar, à travers un halo de fumée. Les mecs s’empoignaient et les coups pleuvaient sur Blueberry. C’est moi Blueberry, c’est elle Chiwawa. Tout çà pour çà…

Plein la gueule, les bourre-pifs tombent comme la pluie dans une forêt équatoriale de Francis Hallé. J’en renvoie, des bons, des secs et des bien lourds. Fuir, fuir dans le tempo d’une chanson de Nougaro, s’en aller affolé et se perdre. Pas le temps les autres ont vu. Ils me rattrapent, m’agrippent. Je glisse. Je feinte, c’est du rugby sans ballon dans les bras, juste un cœur en ovalie, une savonnette sans intérêt. Je tombe. Ils m’écrasent. Je me débats, repousse, rue, frappe, et là les coups dégringolent. Ils décuplent ma force, ma rage, mon amour. Et çà pleut, et je pleure et je gueule et ils crient, ta gueule Doudou, tu fais chier, reste avec nous, putain de lutin.

Je me réveille. Je suis seul dans un boxe. Boxe, boxe boxe...J’entends de l’autre côté de la porte, les infirmières, les aides  soignantes. Une femme magnifique rentre. Noire, belle, c’est au moins le médecin chef, non c’est Calypso. Non c’est une aide soignante. Elle tape sur l’écran de l’ordinateur. Elle rentre les données, vous c’est…Ulysse, non, Blueberry…. ???, Le médecin arrive me dit elle et elle repart après m’avoir branché deux ou trois trucs qui vont sonder jusqu’au centre de la terre, mes secousses sismiques et ses répliques.

Un quart d’heure, puis le toubib rentre. Encore qu’elle est belle. Des poches sous ses yeux, comme des sacs remplis d’urgences. Et je repense à Chiwawa qui s’en fout.

Elle me pose un tas de questions. Elle balade le stéthoscope. Ca siffle qu’elle dit. Ouais, j’ai beaucoup fumé. Direction la radio. Putain de mal de dos. Re brancard, à travers les couloirs. Le type qui me pousse ne me regarde pas. J’ai l‘impression d’être un produit de Super U dans un caddy qui s’en va vers la caisse.  On revient, toujours les autres dans un état second, parqués sur des voies de garages, des vieux, des vielles, ahuris, perdus d’être là aujourd’hui. Un enfant, sa maman. Bonne année. Ouais, ta gueule bonne année, dans ton cul bonne année.

Le médecin revient, enfin la médecine. Elle, c’est Circée. Elle me dit de me foutre du persil dans les oreilles, ou bien de m’attacher au mât. Elle me dit qu’une assistante sociale va venir. Elle vient. Elle me répète trois fois qu’elle est assistante sociale. Je sais, j’ai compris. J’ai compris les trois fois. Une autre qui rentre, elle en blouse verte, me dit qu’elle a fait l’inventaire de mon sac. C’est l’inventaire de ma vie. Un paquet de tabac, trois têtes qui font rire, un couteau corse, des clés pas à moi, un agenda périmé que Chiwawa m’avait offert, un bonnet noir, des restes de médicaments, une fleur séchée, une lettre pas finie, une paire de chaussettes propres, une clémentine corse comme le couteau, une écharpe noire à pois blancs, un autre sac, un sac vert de l’armée suisse et du bordel dedans, des restes de la vie d’avant. Puis tout le monde s’en va. Une infirmière, un masque, un tuyau, de l’air, de la vapeur, des branchements, je m’endors. Putain de bar, Chiwawa t’es où ?

 

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 17:08

Photos No limit 080

 

C’était pas là…retour dans les couloirs, je fais coucou à la vieille dame qui se demande toujours pourquoi. Ben te demande pas pourquoi, c’est comme des baffes on ne sait pas d’où çà vient, ni pourquoi, lorsqu’on les prend au hasard d’un mauvais chemin. On m’arrête. On me gare dans un couloir. En double file, une femme sous une couverture, sanglée et en sanglots.  On ne voit d’elle que ses cheveux frisés d’un côté et puis ses bottes dépassant de l’autre. Je m’endors.

 

C’est froid. C’est dur. Cà ressemble à la réalité. C’est mouillé aussi la réalité. C’est au moins du granit. C’est beau le granit. C’est poisseux. C’est la rue. J’ai la gueule sur le trottoir.

Je pense à la boxe. Le mec a la gueule écrasée sur le tapis. Il s’en fout. C’est cuit. L’arbitre, est habillé comme pour partir en expédition et il prend des photos. Huit, il a compté jusqu’à huit. KO, l’homme à terre relâche et renacle, renifle, souffle. C’est le combat de trop. Il ne faisait pas le poids. Il le savait bien en rentrant sur le ring. D’abord, il ne voulait pas se battre. Il n’était pas là pour çà. L’autre, que tous appellent l’adversaire, il ne lui en voulait pas, surtout ne pas lui faire de mal. Bizarre pour l’assemblée, éructante, en colère, vindicative, assemblée d’aigries  au nez rouge venues au spectacle comme on entre en thérapie, attendant désespérément qu’il se mit en quatre pour démontrer ce que toutes attendaient, la lutte, le combat, l’acharnement, l’éviction. Ce n’était pas un cirque, mais une arène, ou bien un couloir psychiatrique. Au moins sur un point n’auront elles pas été déçues, il s’est écroulé. Il a gardé ses coups, ou bien a esquivé. Sur lui tous les chocs sont arrivés pèle mêle, nombreux, au foie,  au ventre, sur la tronche, au cœur, sur la poitrine, là où le souffle s’arrête et provoque une apnée en abysse. Et puis la douleur, l’a enveloppé, lui qui n’avait pour toute résistance que de la douceur à rendre. Il s’est effondré. Il s’est écroulé le nez écrasé sous son poids, celui qui se sentait jadis si fort, si alerte, vif, leste, drôle même, celui qui portait son nez sans en mettre.

 

On reprend un autre circuit. J’ouvre les yeux toujours au plafond, les néons, les vitres, les autres brancards que l’on croise, les gueules démolies, les regards dans le vide, le sourire de l’aide soignante, de la douceur, celle qu’on espérait plus, une graine d’attention, juste ce qu’il faut pour vivre, juste une graine donnée, comme un acte gratuit, comme une invitation à revenir dans le monde des humains.

Je me rendors. L’arbitre et son appareil photo en bandoulière a compté jusqu’à huit, KO, au huitième jour…A suivre

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 15:26

C'est ici, et c'est bon...

 

humeur-du-chef-4104.JPG

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 14:45

Photos No limit 080

C’est curieux, l’hôpital, l’asile, l’hospice, le dispensaire… J’avais l’impression, d’être posé là, comme au beau milieu d’une série pour la télé…tous s’affairaient, rapides, en tous sens, comme des abeilles au sortir d’une ruche.

Le matin, au milieu de la place, je balbutiais, comme une proie délaissée, encore engluée parce déglutie d’une bouche trop avide.  J’avais été recrachée parce qu’elle fut trop pressée d’en bouffer une bien plus intéressante et qu’une digestion trop lente eût contrarié cette nécessité de manger la bouche fermée, tout comme elle embrasse.

L’abandon, non pas celui qu’on subit, non, l’état dans lequel on se trouve, lorsqu’enfin on lâche et qu’on se rebelle définitivement contre les règles d’un jeu stupide, voilà, j’étais dans l’abandon, celui là même qui entraine, tel un saut en pleine confiance dans une piscine.

Attendre. Ne plus rien penser, la vie, si elle a encore quelque intérêt pour toi, y pourvoira.

Et la vie, si rien n’en l’empêche survient, en l’occurrence sous la forme d’une citrouille transformée par les soins du « 15 ».

Ils ont sorti le brancard mais j’y suis monté presque machinalement comme on prendrait l’ascenseur pour le 7 ème ciel.  J’ai dû tout de même m’allonger. Il faut toujours s’allonger avant de se mettre à table.

Trajet, sirènes, connard, range toi, laisse passer la vie, et la vie se faufile et profite du moindre espace pour frayer son chemin comme l’eau de source qui dévale entre les roches.

Les portes s’ouvrent, descente et début d’un parcours à suivre les yeux en l'air les plafonds d’une entrée de cirque puis attente au milieu des autres, car il y a en d’autres, c’est toujours ainsi, quelque soit l’heure ou le jour, d’autres aussi sont sur la grille de départ et ont mis la gomme en oubliant le frein à main.

Un homme la tête pleine de coups, une femme livide et emmitouflée, d’autres le bras en écharpe, des pompiers qui rigolent, et les plafonds mornes qui se succèdent jusqu’à un autre beaucoup plus haut, en verre, ceint de murs gris bleus soulignés de lumière jaunes pâle, bravo l’architecte qui dût imaginer un tel parcours menant des enfers vers une possible résurrection.

L’intérieur de la ruche, un vaisseau spatial, un équipage aux codes et tenues futuristes et légères. Le sérieux d’un sourire sans teint, juste ce qu’il faut d’humanité, celle qui anime la queue du chien de Desproges, pas celle des cœurs de pierre.

C’est à ce moment que tu retrouves ta dignité, non pas celle que tu mérites mais celle qui est justifiée et qui t’es notifiée parce que tu es un être humain, vague notion en dehors de ces lieux.

Attente, rangé en bord de couloir, et les autres qui défilent jusqu’à ceux garés en double file. Attention, un virage, un créneau, et me voilà déplacé entre une petite vieille qui se demande pourquoi un infirmier lui dit bonjour, «  ben pourquoi ? » qu’elle dit…et un monsieur ahuri la bouche dans le pâté et les yeux perdus pour le bonheur… On eût dit un vieux guerrier assis sur son char antique, dépassé par la tournure de la bataille et prêt à suivre le cours de l’histoire, qui pour lui semble s’écourter.

Puis ils m’ont emmené, sensation de glisse sur les balatums et relâchement des paupières, dormir quelque soit la destination.

Nous étions le 8, finalement jour anniversaire, si l’esprit ne s’accrochait plus au calendrier, le corps lui s’en souvenait.

A suivre...

Partager cet article

Published by Philippe Maréchal - dans lemondedephilippe
commenter cet article
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog