14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 20:15

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 11:03

 /page/6/21144231.jpgLes Margoules 8ème épisode, saison d'automne, et c'est long l'automne...

 

De l'autre côté du pont qui enjambe la rivière, dans l'autre bar, qui lui reste ouvert...


Assis en face de Millton et s’apprêtant à distribuer le jeu, Edouard ironise :

- Tiens, c’est délicat comme expression : « une cèbe qui se meut ». Quant à toi Armand, te considérer comme un oignon sur pattes qui se dandine... ! »

Il pouffe avant de se marrer franchement. Armand grommelle.

Régis :

-Armand, tu roumègues ?

-Je ne vous adresse plus la parole, je vous ignore ! 

Edouard sourit. Il affiche la soixantaine, avec une certaine élégance. Ce parisien tout en arrondissement d’origine, est retraité de l’administration des finances.  Lunettes à montures plaquées or, il porte un polo bleu imprimé du petit monstre vert. Il est estampillé des mêmes armoiries que bien des jeunes dont il fustige l’allégeance aux seigneurs de la consommation. Flegmatique, il réunit  deux paquets de cartes, sans les regarder. Avec la bouche en cul de poule, il chasse devant lui l’air empuanti de tabac. Il distribue avec maestria. Les cartes s’envolent. Elles partent une à une, éjectées par des doigts lisses et aux couronnes d’ongles impeccables. Balancées comme des cibles au bal trappe, elles atterrissent en surfant sur le tapis vert, devant chaque joueur bluffé par son art.

Cicis bien qu'ayant le coeur à gauche est l'éternel pilier droit du comptoir. Roi du monologue, le nez piqué dans sa bière, éructe comme toujours avec un temps de retard : 

« -Paradoxe ! Eh ben moi j’dis, c’est un paradoxe ! C’est Pourtant un produit de terroir, une appellation d’origine contrôlée. Ah ouais ! »

La cendre de sa blonde, seule compagne jusqu’ici suspendue à ses lèvres, tombe dans son demi. Il y trempe un doigt pour tenter de la récupérer. Sans succès. Arrosant le comptoir, il secoue la mousse dans le cendrier.

André affligé :

« - Tu donnes le cancer à ta bière et tu pourris mon cendrier, et je te signale qu’on ne fume plus dans mon bar ! »

Cicis se frotte la main sur le pantalon. Il se tourne à moitié. De profil à la salle, le doigt qui brassait sa bière se dresse en l’air. Il professe :

 

 - Le cancer de la société, c’est le racisme ! Margoule, c’est comme çà que vous désignez dans le coin, depuis la première vague du retour à la terre, l’oiseau de passage. 

Milton :- En Gironde, c’est la palombe, qui effectue aussi des brusques retours à la terre. Mais c’est plus violent quoi.

Edouard :- Soyons clairs, le substantif Margoule stigmatise tout nouveau venu sans qu’on l’ait requis. 

 Cicis rote. André  essuyant le comptoir, lève les yeux au plafond. Les trois autres attablés baissent la tête. Un client de passage, moustache V.R.P, tel l'espion bulgare sorti d'un polar de De Villiers,

 fait brusquement surface de son « Midi Libre ». Cicis poursuit, l’air de plus en plus docte :

 - Comme exemple... 

Il voit au dehors Astrid,  pasteur du village, sortant du temple...

 -oui comme exemple, en d’autres temps, Marie et Joseph furent de célèbres margoules. Depuis, tout le monde, un jour ou l’autre, a revêtu l’admirable parure du Margoule ... encore plus forts que Salomon dans toute sa splendeur. Seigneur, même habillé en couleurs, elle n’est pas facile la vie de l’oiseau migrateur... 

Il fait mine de s’envoler et marque une pose. Il avale une lampée de son jus à base de cendre et de bière, grimace et continue :

- De là, naquit peut être une inquiétude entourée de plumes. Imaginons, je n’ sais pas moi, un reliquat d’appréhension à l’évocation de ce souvenir... confus. Pas moins de deux millénaires, çà fait  bail. Il lâche un deuxième rototo.

La salle gronde. Il s’énerve :

-Eructation spontanée n’est pas signe de mauvaise éducation mais d’embarras gastrique.

Rires...

L’index pointé sur André et fier de lui, il poursuit :

- Il était une fois..., un soir, très tard... un hôtelier, peu empressé d’accueillir une femme prête d’accoucher.

Les autres :

 - hou !

Cicis, avec un accent très gaullien :

- Du calme Messieurs ! Eh oui, cette femme était pourtant harassée, exténuée, fatiguée, lessivée par les douleurs et bientôt submergée par des mouvements mécaniques supérieurs en nombre ! Mais bientôt debout !... libérée !... par elle-même !...et avec le concours des anges et de l’âne et du bœuf !

La salle :

- Arrêtez le, donnez lui à boire, qu’il se taise !

Il continue sous les railleries :

- Elle venait de vivre un éprouvant voyage à dos d’âne, petit 4x4 de l’époque

Les autres :

-Bravo ! 

Cicis :

-Taisez vous la piétaille, on n’est pas au salon de l’auto !  Présentée par son gentil mari de charpentier, elle n’a su pas tirer la moindre compassion de cet antique Thénardier. Nul doute, qu’en ce début de siècle, il se gavait trop de télé.

Il pointe maintenant les trois joueurs à table, l’air affecté :

- C’est comme vous, vous la regardez trop, la télé z’êtes, isostatiques !

 -in-tox-iqués!

 - Vos gueules, Comme vous, Juste après le jeu  qui veut des talents d’or, il buvait les infos sur l’insécurité, à la Fox news palatine.

 - Boudu ! Il est en grande forme, hey ! C’est quoi Fox news palatine ?

Cicis imperturbable :

 - Ne m’inteterromps pas. Je continue... Faut se dire qu’en ce temps là déjà, on prenait bien du plaisir à occire le « maillon faible » dans l’arène. La vox populi, toujours aussi douce et provoquée dans son bon goût, pouvait baisser le pouce pour 0,34 centimes de denier la minute. Comme vous tiens, vous êtes tous capable de tuer un âne à coups de figues molles ! A cette époque déjà, les routes n’étaient pas sures. Messieurs, l’inquiétude se sentait partout chez elle !

André :

 -tu nous inquiètes bien un peu aussi… A suivre tiens, je reprends une bière et j’écris la suite….

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 21:45

 

 

 

/page/6/21144231.jpgLes Margoules

7 ème épisode, toujours en saison d'automne...

 

 

 

...Ici, il n’y a pas de boulot pour un mec comme moi. Et puis la maçonnerie, le jardin, le Lidl du coin, çà va, je les ai tous fait, des boulots à la con payés comme un cul, alors faut bien trouver une idée et quand on est con, c’est forcément une idée à la con, hein ?

Il reprend une lampée de bière. Gilles est perplexe. Il sirote son thé vert. Il s’est mis au thé vert et a laissé tomber le petit noir parce que sa femme lui a dit que c’était bon pour la prostate et puis çà fait pisser, comme çà tu élimines qu’elle dit. Pourvu qu’il n’y ait pas tout qui tombe.

- oui, dit Gilles, en somme c’est tranquille ici.

- ah ben faut pas dire çà, la semaine dernière y a un type qui s’est fait planter à coup de pioche quand même, et puis un autre au râteau la semaine d’avant. Ca bouge ici, comprenez, un bout de vallée comme çà, c’est un peu comme une île, au bout d’un moment, c’est comme du vieux raisin au fond d’un cuvier, çà fermente, çà tourne en rond, çà ébullitionne,  çà se monte en gaz et puis pfft, çà pète.
- Santé.

- merci.

- Ca pète souvent ?   

-Ah  ben quand même, aussi souvent qu’il y a de l’orage.

La patronne, le torchon à l’épaule passe le nez à la porte. Elle s’adresse aux deux qui sont sur la terrasse.

- Hé maintenant, tu vas payer mon coco, parce que je vais fermer, et puis faut que je remballe les chaises et les tables, même que si tu veux bien, le monsieur avec toi y va t’aider. Moi j’ai 70 piges et tu vas pas m’emmerder pour une bière et un thé.

- Vous fermez à midi ? demande Gilles à Monette. 

- ah ben oui mon p’tit monsieur, moi à midi je mange.

Pas facile ce village se dit Gilles.

En débarrassant les verres pendant que le petit gros se charge de la table, Gilles demande :

- Vous faites quoi comme vidéos ?

- ben j’ai fait toutes les trombines du coin, je leur demande rien, ils causent ou bien ne disent rien, çà les amuse, çà les distrait de savoir que je les emmène sur la toile comme on dit.

- ah ? Et je pourrais les voir ?

- Pourquoi z’êtes de la police ? Dit il en rigolant.

- Un peu, aujourd’hui juste un peu.

- Vous saignez là, çà va tâcher dit l’acariâtre derrière le comptoir.

- Oui je sais, çà tâche un peu.

- Faut coller une feuille de papier à cigarette, çà calme l’hémorragie.

- Le poil au menton je connais çà dit la dame qui exhibe son menton horripilé par une toison sauvage.

L’inspecteur Gilles soupire en se disant, si j’étais Maigret je m’offrirais une bière et un sandwich mais avec la vieille c’est foutu, faut sortir.

-Allez faut sortir, de la pelle et du balai, dit la vieille en éteignant les loupiottes du comptoir.

- doucement avec la pelle, lui répond Gilles.

-z’ allez finir par vous prendre un râteau dit Mignon.

- C’est pas une légende,vous, vous êtes vraiment con.

Le gars rigole, salue Gilles et part dans la direction opposée de celle que prend l’inspecteur...A suivre....

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 18:36

/page/6/21144231.jpg Les Margoules, 6ème épisode saison d'automne...

 


-Pourquoi assassiner un pauvre type à coups de pelle, un mec qu’a jamais rien fait à personne, et qu’a jamais rien fait non plus d’une manière générale d’ailleurs…

Après un rapide coup d'oeil dans le bar, on y reviendra...et devant l'air maussade et peu engageant de la patronne, Gilles se rabat sur la terrasse où un type semble avoir établit son campement sur une position bien établie à l'avance, c'est à dire prêt à battre en retraite plus loin du couroux de la tenancière qui en a à revendre, çà se voit. D'un sourire et sans un mot, il invite Gilles à s'assoir à sa table.

Le gars devant sa bière, est volubile. Intarissable sur l’état du monde et de son village, il saoule deux personnes à la fois, lui et l’inspecteur Gilles. Ce dernier l’écoute d’une oreille distraite, tandis qu’il se gratte l’autre avec un trombone qui traînait dans sa poche. C’est qu’il s’est toujours gratté le fond de l’oreille avec n’importe quoi, un capuchon de stylo, un manche de cuillère en plastique une allumette, et même une aiguille de couture, en l’enfonçant par le chas tout de même.

C’est con la vie, se dit Gilles, çà ressemble à rien, un amoncellement de choses sans importances et dans le désordre, mêlé au grand n’importe quoi du farfelu au sordide, un fourre tout à la Prévert avec la poésie en option, un trombone avec du caca d’oreilles, un type qui refait le monde avec une bière qui donne mal à la tête et une chemise avec une tache à la con sur un fond de meurtre le jour du mariage de ma fille.

Pendant que l’autre hirsute parle sans arrêt, trop heureux d’être au centre du monde devant un inconnu, Gilles repense au gendarme Moncornet vomissant sans se faire une seule tache, la classe. Gilles a horreur des tâches, jusqu’à celles de gras qui ornent tous ses chemises,  tes vêtements sont savetés martèle toujours sa femme, malgré la lessive bio. Saveté, c’est le mot de sa femme à l’endroit de ses auréoles méprisées par la lessive, trophées des repas pris trop rapidement et sans serviette.

 

 

Le gars devant Gilles est habillé comme un oignon,  une spécialité de la région. C’est un assemblage qu’on dirait monté comme une fusée sur un pas de tir et de Guyanne, en guise de mise, de chemise, de pull et veste et qui dépassent tous les uns des autres et enrobant un embonpoint local. La proéminence ventrale est située en lieu et place d’un ventre qu'on suppose d'avis d'archéologue spécialisé en cholesthérol sédimenté, jadis plat.

Pas du genre à manier la pelle et la pioche, quant au râteau, y doit pas faire souvent, non plus, se dit Gilles qui se gratte le menton qui saigne à nouveau.

-Moi, c’est Mignon, dit le gars tout sourire avec des dents qui n’ont pas gouté au  dentifrice depuis le siècle dernier. Mais on m’appelle Pignon. Je suis un vrai Pignon comme dans les films, avec mon air un peu con je pourrais faire le barrage des Trois Gorges tout en allumettes. D’ailleurs, des fois j’en fais,  et puis je fais des vidéos que je publie sur une télé locale du web. Ca les fait marrer et moi ça m’occupe.

- Ah ? Et ca vous fait vivre ?

- Ben non, j‘vous dirais que çà m’occupe, c’est déjà bien, et puis comme y disent ceux qui tiennent la boutique, ça me met en avant, enfin, qui disent. Un jour je sais pas, je pourrais tomber à force d’être poussé en avant et puis çà pourrait faire un buzz, vous savez, un truc qui est repris sur internet, et puis çà fait passer le temps. Et puis, je fais l’andouille, tellement qu’on me prend pour une andouille. Bon des fois c’est embêtant quand même. C’est comme un rôle qui colle à la peau.

Gilles, comment dire, çà l’intéresse ce type, y’a un truc, faut creuser…A suivre…

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 14:32

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Les Margoules

Saison 'automne,

épisode 5

 

 

 

 

Entre les différents temples et l’église, témoins qu’en d’autres temps on avait le choix des distractions et de bon aloi, Gilles marche en égrenant un chapelet de pensées éparses sur l’état du monde. Il se range derrière une idée confuse qui semble s’insinuer dans son esprit comme un doute poisseux, il n’y peut rien. Non, contre la connerie et la méchanceté, on ne peut pas grand-chose. Qu’est ce qui peut bien pousser le connard ou la connarde moyenne à tuer quelqu’un à coup de pelle en zone de moyenne montagne ?

Ce qui l’ennuie aussi, et sans souci de hiérarchie dans l’importance de ce qui le dérange dans cette matinée, c’est comme se trouver au bout du monde, au moins à cent bornes d’un pressing avec une chemise tachée de sang et juste avant un mariage. Il peut le tenter à l‘eau froide, mais il craint de tout crapoter.

Il remonte une rue du village, jusque sous l’église. Le clocher sonne 11 heures.  Pourquoi avoir choisi ce métier ? J’aurais pu faire postier, se dit il, en passant devant la poste et une grande affiche placardée, écrite à la main et à la hâte. Elle signifie aux usagers les nouveaux horaires qui se réduisent en peau de chagrin et qui apparemment très compliqués à retenir. Non, pas postier, non…

 

Il y a deux bars ici, de chaque côté du pont, Chez Monette et au Bar du Temps qui se Tasse. Le premier est un joli bar de village avec sa treille recouverte d’une vigne splendide et une petite terrasse ombragée devant la rivière, seul bruit qui court dans le village, sur un quai tout gondolé par les racines de vieux marronniers.  Le second, le bar du Temps qui se Tasse, on ira après. L’ambiance jeu de cartes qu’il devine à travers les vitres de ce bar, çà ne le tente pas. Ils ont l’air de s’engueuler un peu à l’intérieur. Il n’aime pas les jeux de carte, il déteste les jeux de carte, çà lui rappelle son enfance où il fallait qu’il vienne toujours compléter une table dans un bar où trainait son père les jours un peu gris, où il manquait un joueur. Ca sentait le tabac gris, le tabac brun, et le « Pastaga » ou bien le « Pernifle ». C’était beau comme un commissariat filmé en noir et blanc pour un film du dimanche soir dans les années soixante. Viens qu’on lui disait, c’est bien les jeux de société… Pffft,  On a le temps pour la tasse ici, se dit l’inspecteur Gilles, je vais pousser jusqu’à l’autre, Chez Monette.

Çà le fait sourire, l’idée de prendre son temps, une journée où justement il n’a pas bien le temps. Il pense à l’inspecteur Derrick. C’est vrai, en plus, il fait un temps de Derrick, un peu vert de gris, un peu frais, un temps à couette, juste un peu froid et humide, avec l’envie de se mettre au lit, un polar soporifique, un feu dans le poêle, de quoi boire, une petite cochonnerie à grignoter, devant une Mercédès dont les pneus crissent à trente à l’heure  …

Arrivé au bar, il pousse une porte fenêtre vernie, aux carreaux habillés de rideaux en dentelles… A suivre….

 

 

 

 

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 15:02

le-monde-de-philippe-3661.jpgDonc écrivain maudit et dans la peine, j'essayais de torturer l'ébauche d'un roman qui finalement n’accoucha que de cette phrase sibylline :
"Ce jour là, nous étions de chaque côté du doigt qui nous montrait sa lune".

Aucune maxime de grande sagesse n'échapait à ce jour à la vision tordue d'un esprit mal embouché et pourtant appliqué quant à jeter sur la page blanche, la sueur pulvérisée d'un cerveau tout employé à presser le meilleur du citron pour en délivrer une phrase sans fin qui vous emmène telle une cochonnerie dans le tourbillon d'un syphon dont on sait qu'il se fout de savoir dans quel sens il conviendrait de faire tourner la flotte selon qu'il se trouve dans l'un des deux hémisphères du muscle en gelée qui sert d'ordinateur portable au bipède moyen.

Respirez, vous êtes sorti de la phrase dite "d'immersion" sans laquelle nous ne serions pas reconnaissant aux auteurs, asmathiques, de nous gratifier de phrases tellement courtes qu'elles figueraient au rayon des hoquets dans toute librairie insolite.

Cette digression, ne s'arrêtera que si j'ose vous provoquer d'une autre assertion quant à cette ultime maxime, dont je ressens chaque jour un peu plus l'ambiguité à mesure que je progresse sur la voie du chemin de l'initiation mystique et necessaire:

"Quand l'élève est prêt, le maitre l'attend".

Personnellement, je crains ce jour.

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Published by Philippe Maréchal - dans Fleurs de Coucourges
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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 10:27
22144444Le sujet des prostituées....c'est un beau sujet, pour un vrai romancier, un véritable écrivain, celui qui sait ce dont il parle, comme disent les maitres de l'écriture...Pas ceux qui ont commis cette faute de s'appeler les 343 salauds, d'abord parce que c'est une erreur, ils ne sont pas que 343, et puis c'est dévoyer un autre collectif aux aspirations bien plus importantes et quant au terme de "salopes", auquel il fait référence pas finement du tout "salaud", il me semble que ça vient d'un journal satirique. Les signataires sont tellement imbus de leurs personnes qu'ils s'imaginent que tout leur sera pardonné à cause de leur notoriété. Il ne méritent à mon sens comme réponse que cette phrase magique d'Audiart, "les cons çà ose tout, c'est à çà qu'on les reconnait".
Comme jeune et élégant navigateur, j'ai souvent dû chercher mon patron, les nuits d'appareillage, dans tous les bordels que comptaient nos escales à travers le monde. Je l'ai souvent ramené sur mon dos, saoul comme un cochon, en pestant parce qu'il puait, l’alcool, la fumée et le cul mélangés à de mauvais parfums...Je ne me vanterais pas d'en connaitre un petit rayon sur le sujet, puis-qu’aussi, en ces moments de recherches, j'ai dû attendre et causer beaucoup, en attendant que çà passe...la passe, pour récupérer l'épave dégoulinante qui par ailleurs se transformait ensuite en marin d'exception. Toutes les considérations échangées à ce sujet, avec véhémence et sans distinctions de hiérarchie dans la valeur des arguments pour ou contre, sont vaines si on oublie, qu'elles ne sont là que dans un seul but, profiter pour sa gloriole, que ce sujet, puisse échapper à la raison, car il trace son chemin entre la lumière des néons et la face obscure de ce qui fait l'humain, une bite à tête de Golum, dont sont ornés les éternels sales gosses à qui l'on a pas appris le verbe aimer.

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Published by Philippe Maréchal - dans humeur du chef
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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 17:10

On reprend....c'est le retour du Grand Gilles.... Pour ceux qui ont suivi, pour les autres voir les pages qui précèdent...

 

Donc, on lisait …Enserré au pied d’un massif montagneux, un village, un bon et beau petit village…

 

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Les Margoules

 

 

Saison d'automne

 

Episode 4

 

 

 

 

 

 

 

 

Episodes  précédents pages 16 ,17, 18 octobre…

 

 

Y’a pas de pressing dans le village. D’ailleurs c’est déjà bien qu’il y ait quelques commerçants, une boucherie, une boulangerie, une fromenterie, et oui, c’est quand on n’a pas le droit de s’appeler boulangerie et qu'on vend du pain congelé réchauffé sur place, mais, qu’on veut vivre quand même.

Gilles grommelle tout ça intérieurement en arpentant les rues du village, un bourg  au pied des montagnes qui s’étale de part et d’autre de la rivière.

Il passe devant une boutique de souvenirs  et de bijoux espagnols qui terminent leur carrière dans ces montagnes perdues, et puis il y a une superette comme on dit.  Plus loin, un troquet avec son écran géant et ses fumeurs sur le pas de la porte  qui dévisagent Gilles. Lui, c'est l’estranger qui déambule, eux, une bignouse à la main, ils leur prête une mise de western.

C’est Tombstone se dit l’inspecteur Gilles, faut que je revienne en cheval. Il passe le salon de coiffure avant la poste.

 C’est qu’il a de l’allure l’inspecteur Gilles, aujourd’hui. Il a mis un beau costume noir avec une belle chemise blanche, sans cravate, faut pas exagérer quand même, même pour le mariage de sa fille. Il porte les cheveux en brosse façon futaies balayées par un vent incessant. Ressortent de son visage fatigué des petits yeux noirs au milieu d’une expression de poète disparu. Il se mire devant la vitre du salon de coiffure. Je suis  un flic d’un genre spécial, mais qui donc n’est pas spécial se dit il.  Je suis aussi un père d’un genre spécial, mais comment  font les autres. Tiens y ‘a un tabac presse aussi.

Il rentre dans le tabac presse tenu par une blonde tout au fond du magasin où s’étirent en plus d'elle, les revues et la presse nationale ainsi que la « PQR » comme on dit, celle où va s’étaler demain l’histoire du bonhomme massacré à coup de pelle.

Avant d’arriver au comptoir, il déambule, il respire avec plaisir, ce mélange d’odeurs de papier glacé, de journaux, et de tabac. Un sourire et un bonjour commercial de la buraliste l’accueillent dès le seuil franchit. Elle est intriguée par le beau mec en costard.

Et elle, elle est d’un genre spécial ou bien ? Se dit il. Ca l’a fait rire Gilles, qu’elle le reluque comme çà, il en ressort avec un brin d’humeur ravigotée, c’est qu’il en aurait oublié le gars refroidit et tranché. Il soupire en pensant au mariage, le mariage de sa fille. Faudrait peut être pas oublier çà.

Des détails d’une scène de crime, il n’oublie rien, mais du reste, faut voir, il plane comme dit sa femme. Il repense au gars trucidé, occis avec un instrument de travail. La semaine dernière dans la vallée d’à coté c’était à coups de pioche qu’on avait refroidi un autre gars, un dénommé Gus, un musicien à la petite semaine et bricoleur non patenté du dimanche.

Il a bon dos le « on n’a pas l’habitude d’une telle sauvagerie » du gendarme, quand même, drôle de pays, çà fait trois quand on compte un autre nivelé au râteau dix jours avant, un gars qui habitait seul une yourte dans une foret de chênes verts à flanc de montagne. C’est avec quoi le prochain ? Se dit Gilles, avec une binette, une fourche bêche ou à coups de grenilette ?

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 20:10

/page/6/21144231.jpgBonjour, concernant ce feuilleton qui parait ici depuis le 16 octobre, déjà trois épisodes, je reçois des observations, voire des réclamations, entre autres, celle d'espacer la publication, tous les deux jours ou bien deux fois par semaine, avec un texte d'une longueur qui satisfasse les appétits... J'en fais donc part, à l'inspecteur, au gendarme, et aux prostagonsites ou protagonistes avec ou sans prostate, qui sèchent en attendant la suite...Demain je pars, vers un endroit ou l'internet est une denrée encore rare voire inconnue, le temps d'une semaine consacrée à une autre écriture...La parution des Margoules, sera donc aléatoire, voire...faut voir?  Mais qu'on se rassure, au plus tard, le 28 de ce mois, les aventures de l'inspecteur Gilles reviennent hanter ce blog....Bon qu'est ce qu'on dit? Je vous embrasse, et n'hésitez pas à laisser ici même, vos commentaires....Moi même et tous mes personnages seront ravis de vous lire,  ( ici même les personnages passés de vie à trépas vous lisent, c'est dire si c'est du polar interactif...)

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 13:43

/page/6/21144231.jpgLes Margoules

 

 

Saison D'automne,

Episode 3

Jamais deux sans…

Chut, on lit…

 

 

Au pied d’un massif montagneux, un bout de vallée, en cul de sac, les flancs couverts, adret et ubac, de chênes verts et de châtaigniers, juste un peu en hauteur, à l’écart d’un village, un bon et beau petit village…

 

Gilles se ravise, la main sur le menton parce que c’est là que çà gratte. C’est qu’il s’est rasé pour l’occasion, enfin pour le mariage, quand au gars à qui on a fait la barbe à coups de pelle, il est parti se gratter ailleurs, dans un autre monde.

-C’est malin, se dit il, j’ai enlevé la croûte et je saigne. Je vais encore salir ma chemise.

Il regarde le corps allongé. Il a les yeux encore ouverts comme hébété. La bouche semble bégayer encore une chute impossible à dire. Et tout ce sang, il ne se rasera plus pense Gilles.

-Montcornet, où vont tous ces gens ? Ceux qui meurent doucement, ceux qui sont surpris en plein bonheur et ceux qui partent précipitamment,  quant à ceux qui partent avant l’heure, arrivent ils avant les autres ?

- ? Heu…   

-Et la chemise, quel travail, qu’il se surprend à dire et à haute voix en plus, devant le gendarme interloqué.

-Quoi sa chemise ?

- Heu, rien, faut qu’ je change ma chemise.

Ah ?

-Bon qu’on ne touche à rien, avant l’arrivée de l’équipe, puisqu’on prend l’affaire, dites, Y a un pressing dans le village ?

-? Le gendarme regarde Gilles en biais, soupirant…et nous aussi on soupire parce que, c’est tout pour aujourd’hui…A suivre…

Episodes 1 et  2 pages 16 et 17 octobre…

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