5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 20:00

Pelo Malo, Cheveux Rebelles…Un beau film de Mariana Rondon, Vénézuela. Ça  me fait rire, cheveux rebelles. Je pense aux miens qui poussent à l’envers. Je les aime. Ils vont vers l’intérieur.

Des beaux plans, très beaux. Mais la misère, même bien filmée reste la misère. On peut parler ici de pauvreté, nuance qui échappe parfois. La mal vie quoi. C’est long, c’est long, c’est long. Dans les cours, au pied des immeubles, sur les tourniquets, des enfants. Nait ce dégout du lait. Je m’en souviens. Les barres d’en face, les tours qui s’élancent, moches. Les balcons bigarrés. Les balcons tristes. Les balcons bordéliques. Les balcons des absents, de ceux qui s’engueulent, de ceux fument, de ceux qui regardent, de ceux qui s’emmerdent. Les balcons des enfants, des enfants trop petits pour voir par dessus, alors ils voient entre. Et elle fait quoi ta mère ?

 

Junior qui a des cheveux frisés et ben Junior, il veut des cheveux lisses. Junior est encore petit mais déjà grand. Il est l’homme de la maison. Enfin, il devrait l’être aux yeux de sa mère qui est une jeune veuve. Son petit frère est câliné, pas lui. Sa mère lui reproche ce qu’elle lui semble être, un enfant qui voudrait être une fille, homosexuel ? Enfin, différent. Junior s’ingénie à lisser ses cheveux, jusqu’à se mettre de la mayonnaise sur la tête. Sa grand mère lui taille un costume de chanteur. Sa mère veut reprendre le poste de Vigile qu’elle a perdu. Sa mère baise avec le beau jeune homme. Moment cru mais vrai, sans fioriture, comme l’amour au cœur de la cité. Sa mère couche aussiæ avec un gros porc, clé indispensable pour reprendre son boulot. C’est une femme qui filme. Çà se voit, çà se sent, çà s’éprouve. Merde, prendre une douche après ce gros dégueulasse. Le robinet, forcément, panne de flotte, rien ne coule. Ben si, justement.

Un beau film, sans faux-semblant, Cheveux rebelles, Pelo Malo, de Mariana Rondo, à voir…

PM.

 

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Published by Philippe Maréchal - dans Ciné Phil
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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 17:12

/tag/CinC3A920Phil/humeur_du_chef_4160.jpgC’est drôle l’italien, c’est une langue qu’on s’obstine à ne point vouloir apprendre et qu’on rêve de parler dès qu’on l’entend.

Même les mains se mettent à bouger tandis que la langue se trouve trop près du palais et bien trop enchâssée entre les dents afin qu’elle se délie et s’enflamme sur une autre langue qui viendrait l’embrasser.

Hier soir, cinéma. Au cinéma après une longue diète. Le Sémaphore, à Nîmes. Petite salle mais bien assis, bonne image, bon son, un bistrot sympa avant et hop :

Viva la Liberta de Roberto Ando…

Quoi de mieux après  avoir déserté les salles depuis trop longtemps que d’y reprendre goût avec un film italien.

On peut toujours rêver. Rêver que notre François, tombe malade, et qu’il soit remplacé au pied levé par son frère jumeau et que tout ce qui semblait impossible, se mette en branle et que l’improbable se pare de la folie douce, de l’esprit, de la finesse et de l’espoir. Bref, tout ce qui manque à la politique.

Je n’en dirai pas plus, il faut aller le voir. Il faut  s‘asseoir et déguster lentement chaque plan comme une pâte al dente jusqu’à satiété.

Qu’elles sont belles les femmes dans ce film. Des vraies, pas du cinéma, avec des cernes, avec des rides, avec  pour moi tout ce qui fait de la femme l’être le plus abouti dans notre univers. Une phrase, «  je porte en moi tous les hommes que j’ai aimés ».

En sortant dans la nuit, je suis repassé devant une fontaine de Nîmes devant les arènes, et j’étais Marcello, et Anita Ekberg qui me souriait, m’attendait dans l’eau.

 

Un film de Roberto Andò Avec Toni Servillo, Valerio Mastandrea, Valeria Bruni Tedeschi

 

 

 

  

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