11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 15:53

La saint Valentin vous emmerde ? Venez donc la démolir comme il se doit avec la complicité du Théâtre de Valréas.

 

 

le Vendredi 14 Février - 19h00
LE THEATRE DU ROND POINT PREND SES QUARTIERS D’HIVER…
Au Domaine du Val des Rois - Route de Vinsobres - Valréas

Lecture /Dégustation/Repas

Lecture : "Cause toujours Elda"


 /tag/Informez20vous20et20faites20passer/captain_gib_3200_copie_1.jpgLà, C'est moi


 
de et par Karine Bergami et Philippe Maréchal


 et là ...c'est elle

/tag/Informez20vous20et20faites20passer/captain_gib_3384.jpg La crise, pas celle de l’économie, mais celle du couple, ou tout au moins celui que nos parents ont connu. Le « modèle » en vigueur ne fonctionne plus.
La société a changé, le couple aussi.
A 40 ans tout juste passés, le constat est clair, la plupart des couples se sont séparés, reconstruits ou non…
Pas de grands discours ici, ni d’analyses de spécialistes sur la « middle-age crisis ».
Il s’agit de raconter à travers une série de petites histoires courtes, drôles et subjectives, des situations du quotidien qui racontent l’évolution ou non des rapports homme-femme…
Ces petites histoires seront traitées comme un courrier des lectrices qui mêlera de vraies informations, des données historiques à des touches fantaisistes...
Ou "comment massacrer la St Valentin" !!!!

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 22:25

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 11:25


Communiqué de presse

Le jeudi 16 février, la médiathèque Lucie Aubrac et l'association CIMADE vous proposent une soirée projection-débat autour du documentaire Cimetière des vivants réalisé par Audrey Hoc pour l'association  dans le cadre des Chroniques de Cimade.
Ce documentaire s'inscrit dans la continuité des Chroniques de rétention rédigées entre 2008 et 2010 et rendant compte de la réalité des conditions de traitement et de vie des étrangers en situation irrégulière en France.
Résumé du  film :
Mr K est enfermé. Il a été arrêté parce qu’il n’avait pas de papiers. Il se trouve dans un centre de rétention à Hendaye.
Sarah et Georges, travaillent dans ce centre de rétention d’Hendaye, ils font partie de La Cimade et ce sont les seules personnes qui peuvent écouter et aider Mr K dans son quotidien de « retenu ».

L’objectif pour 2011 en France était l’expulsion de 30 000 sans-papiers.
Une politique du chiffre absurde, décryptée à travers l’exemple saisissant de Hendaye, territoire de passage. Des caméras cachées, un décryptage des chiffres, un documentaire ubuesque où l’on découvre pour la première fois des images de la rétention en France et où l’on découvre ce que cachent les chiffres des expulsions.
Les intervenants e la CIMADE ont voulu dire et montrer ce qui ce cache derrière la rétention car ils sont les seuls témoins extérieurs de la stupeur, de la peur de celui ou celle qui n'a rien fait et dont la vie bascule, dans l'attente angoissée d'une issue dramatique.
La Cimade est une association créée en 1939. De 1984 à 2009, elle a été la seule ONG présente dans les centres de rétention répartis sur le territoire français. Le pouvoir actuel n'a de cesse de transformer l'accompagnement juridique en simple mission d'information des personnes en voie d'expulsion. Il importait donc de laisser une trace de ce difficile travail au quotidien afin, comme l'écrivait Daniel Bensaid, pour s'épargner la honte de ne pas avoir essayé, que l'on ne puisse pas dire que l'on ne savait pas. C'est le sujet et le but des ces chroniques.

Nous vous invitons à nous réunir pour regarder ce documentaire et en débattre ce jeudi 16 février à 20h30 dans la médiathèque en présence de la réalisatrice et des membres de la CIMADE. Entrée libre.

Renseignements : 04.67.73.84.24 ou mediatheque.de.ganges@wanadoo.fr

L'équipe de la Médiathèque vous remercie de diffuser l'information sur vos supports.

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 15:41

Chers amis,

Je viens de lire et signer une pétition en ligne: «Michelin ne doit pas construire cette usine en Inde!» 

http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N18922

Personnellement, je suis d’accord avec cette pétition et je crois que tu peux l’être aussi. 

Souscris à la pétition et divulgue-la auprès de tes contacts.

Merci,
Philippe Maréchal

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 18:34

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 18:10

-Les-Elvis-Platines-et-Cosmopolite-presentent----dans-le.jpeg

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 11:23

Manifeste de « Democracia Real Ya ! »

*URL d’origine du document <http://democraciarealya.es/>*

Nous sommes des personnes simples et ordinaires. Nous sommes comme toi. Des gens qui se lèvent chaque matin pour étudier, pour travailler ou pour chercher du boulot ; des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur tous les jours pour vivre et offrir un meilleur futur à ceux qui les entourent.

Parmi nous, cer­tains se consi­dè­rent pro­gres­sis­tes, d’autres plutôt conser­va­teurs. Certains sont croyants, d’autres pas. Certains ont des idéo­lo­gies affirmées, d’autres sont apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous préoc­cupés et indi­gnés par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale actuelle. Par la cor­rup­tion des poli­ti­ciens, des patrons, des ban­quiers… qui nous laissent impuissants et sans voix.

Cette situa­tion nous fait souffrir au quotidien ; mais si nous nous unissons nous pouvons la modifier. C’est le moment de nous mettre en marche pour bâtir ensemble une société meilleure. Pour ce faire, nous sou­te­nons fermement que :

   * Les priorités de toute société développée doivent être l’égalité,
     le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le
     développement durable et le bien-être des personnes.

   * Il existe des droits fondamentaux que la société a le devoir de
     garantir : le droit au logement, au travail, à la culture, à la
     santé, à l’éducation, à l’engagement politique, à l’épanouissement
     personnel et le droit à l’accès aux biens nécessaires à une vie
     saine et heureuse.

   * Le fonctionnement actuel de notre système politique et
     gouvernemental ne répond pas à ces priorités et il devient un
     obstacle pour le progrès de l’humanité.

   * La démocratie, par essence, émane et appartient au peuple, mais,
     dans ce pays, la majorité de la classe politique ne lui prête pas
     attention. Le rôle des politiciens devrait être de faire entendre
     nos voix aux institutions, en facilitant la participation
     politique des citoyens grâce à des voies de démocratie directe
     pour le bénéfice de l’ensemble de la société. Et non celle de
     s’enrichir et prospérer à nos dépens, en se pliant aux exigences
     des pouvoirs économiques et s’accrochant au pouvoir par la
     dictature partitocratique du PPSOE^[2
     <http://www.framablog.org/index.php/post/2011/05/23/spanishrevolution#pnote-1101-2>]
     .

   * La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de
     quelques-uns créent inégalités, tensions et injustices, ce qui
     mène à la violence et que nous refusons. Le modèle économique en
     vigueur, obsolète et antinaturel, coince le système social dans
     une spirale qui se consomme par elle-même en enrichissant une
     minorité et en plongeant les autres dans la pauvreté. Jusqu’à
     l’effondrement.

   * L’accumulation d’argent est la finalité du système, sans prendre
     en considération le bien-être de la société et de ceux qui la
     composent ; gaspillant nos ressources, détruisant la planète,
     générant du chômage et des consommateurs frustrés.

   * Nous sommes les rouages d’une machine destinée à enrichir une
     minorité qui ne sait plus reconnaître nos besoins. Nous sommes des
     citoyens anonymes, mais sans nous rien ne serait possible car nous
     faisons tourner le monde.

   * Nous ne devons plus placer notre confiance en une économie qui ne
     tourne jamais à notre avantage. Il nous faut éliminer les abus et
     les carences que nous endurons tous.

   * Nous avons besoin d’une révolution éthique. L’argent ne doit plus
     être au dessus tout, mais simplement à notre service. Nous sommes
     des êtres humains, pas des marchandises. Je ne suis pas le produit
     de ce que j’achète, pourquoi je l’achète et à qui je l’achète.

Pour toutes ces raisons, je suis indigné(e).
Je crois que je peux changer les choses.
Je crois que je peux aider.
Je sais que tous ensemble nous le pouvons.
Il ne tient qu’à toi de nous rejoindre.


       Notes

[1 <http://www.framablog.org/index.php/post/2011/05/23/spanishrevolution#rev-pnote-1101-1>] Crédit photo : Fito Senabre <http://www.flickr.com/photos/__fito__/5742792668/> (Creative Commons By-Sa)

[2 <http://www.framablog.org/index.php/post/2011/05/23/spanishrevolution#rev-pnote-1101-2>] Contraction des deux partis PP et PSOE, un peu comme si on disait UMPS chez nous. 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 15:29

ATTENTION

VIGILANCE

 Réunion d’information sur le Gaz de schiste

 Samedi 16 avril à 19 h au Foyer rural de Valleraugue

Proposé par le groupe de soutien Vallerauguois et Cosmopolite

 - Projection de 2 petits films (extraits de Gazland et d’un reportage québéquois) 

- Témoignage de Solveig Letord

- Diaporama (commenté par Alain Poisson, Hydrogéologue et Daniel Petit, Géographe)

 

- Suivi d’un questions réponses

En 2010, l’exploitation du gaz de schiste a été lancée en France par l’octroi de nombreux permis d’exploration sur la quasi totalité des bassins sédimentaires du pays. Ceci dans la plus grande discrétion, sans aucune consultation des élus, sans aucune concertation avec les populations.

Pour favoriser cette exploitation par les grandes multinationales, le Code minier a été rendu plus laxiste, par Ordonnance, c'est-à-dire sans débat, ni à l’Assemblée nationale, ni au Sénat.

L’extraction de ce type de gaz n’est pas sans danger pour les habitants, l’environnement et les paysages.

Aux USA, où ce type d’exploitation existe depuis une dizaine d’années, on observe de très nombreux cas de maladies, d’intoxication par l’eau du robinet, de pollution des cours d’eau, des nappes phréatiques et de l’air.

Des habitants sont contraints d’abandonner leur maison, leurs champs et leur bétail, l’environnement étant devenu insalubre.

Le paysage est miné par des milliers de forages espacés de quelques centaines de mètres.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 12:10

Bis

L' éducation et la culture sont les remparts contre ceux qui instaurent la peur et veulent entretenir l'ignorance, la confusion et la division pour régner comme des maîtres sur ceux qu'ils considèrent comme des...esclaves. J'ai repris ce texte d'AGORAVOX qui m'a été adressé, car nous aussi, nous sommes humiliés. J'aime la dignité de ce chef d'orchestre et l'émotion des artistes, c'est à nous qu'il convient de les faire notre quelles que soient nos sensibilités politiques. Comme disait Gandhi, une politique n'a de sens que si elle prend en compte les besoins du plus pauvre et fragile d'entre nous.

 

Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.

Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…

Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière.  », raconte-t-il.

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :

[Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]

Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...

[applaudissements]

Muti
 : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".

[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]

Muti
 : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »


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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 14:37

 

Mettez des lunettes si vous n'arrivez pas à lire, je ne parviens pas à changer la taille police...mais surtout ne faites pas l'impasse et...passez au voisin. Merci.

 

Sortons du nucléaire.

Philippe.

 

 

 

 

 

CRIIRAD – CASTANIER – Note d’information préliminaire
CONTAMINATION DE LA FRANCE
Quels sont les risques ?
La CRIIRAD a reçu plus d’un millier de demandes concernant l’impact de l’arrivée sur la
France des masses d’air contaminé : quels sont les risques pour ma santé ? Pour mes
enfants ? Pour l’enfant que je porte ? Faut-il se protéger ? Si oui, comment ?
Le texte ci-dessous constitue un premier élément de réponse. Il sera progressivement enrichi et amélioré.
Nous espérons pouvoir le présenter prochainement sous forme de « foire aux questions ». La charge de
travail est telle que nous avons du mal à avancer autant qu’il le faudrait sur les différents volets
(prélèvement et analyses d’échantillons, recensement et étude des données sur la situation au Japon,
rédaction des documents d’informations, réponse aux appels, courriels, demandes d’interview, situation au
Japon, impact en France, à l’étranger…). Sachez également qu’avant le déclenchement de la crise la CRIIRAD
était déjà en situation difficile du fait du décalage entre ses moyens et l’importance des dossiers qu’elle
traite. Quoi qu’il en soit, nous essaierons de répondre au plus grand nombre de questions et le plus
rapidement possible (mais nous comptons aussi sur votre compréhension).
Un grand merci à Philippe Zanin
pour l’humour et l’amitié que transportent ses dessins
CRIIRAD – CASTANIER – Note d’information préliminaire
Dans son communiqué du 22 mars dernier, rédigé avant que la contamination ne touche la France
métropolitaine, la CRIIRAD avait essayé d’estimer les niveaux de risques en effectuant diverses
hypothèses pour pallier le manque de données utilisables. Le texte indiquait ainsi :
1. « le risque d’irradiation1 par les masses d’air contaminé sera négligeable ». Cette prévision est
désormais confirmée sur la base de mesures, et non plus d’hypothèses.
2. « le risque associé à l’inhalation des aérosols et halogènes radioactifs présents dans l’air devrait
être très faible ». Les estimations de dose indiquent que la mise en oeuvre de contre-mesures,
confinement à domicile ou prise de comprimés d’iode stable 2, n’est pas justifiée. Cette prévision
est désormais confirmée sur la base des résultats d’analyse, et non plus d’hypothèses.
3. « le risque lié à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les retombées radioactives devrait
rester limité. Le laboratoire de la CRIIRAD évaluera le plus rapidement possible les quantités de
radioactivité déposées au sol (dépôts sec et dépôts liés aux précipitations) afin de vérifier les ordres
de grandeurs attendus dans les aliments et de donner, si nécessaire, des conseils adaptés ».
EAUX DE PLUIE ET EAUX DE DISTRIBUTION
Afin d’évaluer les dépôts de radioactivité sur les sols, le laboratoire de la CRIIRAD a analysé 8
échantillons d’eau de pluie collectés sur différentes régions de France. Les activités en iode 131
(seul radionucléide détecté) sont comprises entre 0,24 Bq/l et 4,9 Bq/l.
Ces très faibles activités n’induisent aucun risque pour les personnes qui se sont trouvées sous la
pluie sans protection. En revanche, l’utilisation de l’eau de pluie comme source principale
d’alimentation est déconseillée, en particulier si les consommateurs sont de jeunes enfants. A
noter que la règlementation ne considère pas l’eau de pluie comme une eau potable.3
L’eau provenant de captages souterrains ou de gros cours d’eau ne devrait pas poser problème. Il
faudrait en revanche examiner de plus près la situation des plans d’eau type lacs collinaires qui
recueillent l’eau de pluie d’un ou plusieurs bassins versant.
ALIMENTS POTENTIELLEMENT A RISQUE
Il y a, a priori, deux catégories d’aliments à considérer : les végétaux à larges feuilles type salades,
blettes, épinards, choux, oseille… (sauf s’ils sont cultivés sous serre évidemment) ; le lait et les
fromages frais (en particulier de chèvre et de brebis), la viande sauf pour les troupeaux encore en
stabulation. Les risques sont certes très faibles mais si l’on tient compte de la durée possible de la
contamination, de l’existence d’habitudes alimentaires particulières et de la vulnérabilité de certains
groupes de populations, on n’est plus dans le domaine du risque négligeable et il semble utile
d’éviter des comportements à risque : éviter que les aliments sensibles constituent, sur les
prochaines semaines la base de l’alimentation de la famille. Cette mesure de bon sens concerne
tout particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les mamans qui allaitent.
1 Il s’agit de l’exposition des personnes aux rayonnements émis par les produits radioactifs présents dans les panaches
et qui se désintègrent. Un peu comme on peut être exposé aux rayonnements ultra-violets émis par le soleil. Il n’y a
pas d’incorporation de produits radioactifs ;
2 En revanche, le contexte actuel peut amener chacun à réfléchir à l’équilibre de son régime alimentaire et à vérifier
que les besoins en iode sont satisfaits. La thyroïde a besoin d’iode stable pour fabriquer les hormones nécessaires au
bon fonctionnement de l’organisme. Lorsqu’elle est carencée en iode, elle fixe d’autant plus l’iode radioactif.
3 Le ministère de la santé précise : « Après ruissellement sur le toit et stockage en cuve, un développement bactérien est
possible. Il s’agit donc d’une eau non potable, car contaminée microbiologiquement (principalement à l’occasion du passage
sur le toit) et chimiquement (pesticides dans la pluie, métaux ou amiante présents dans le toit, etc), qui ne respecte pas les
limites de qualité fixées par le code de la santé publique pour les eaux destinées à la consommation humaine.
CRIIRAD – CASTANIER – Note d’information préliminaire
1. « le risque d’irradiation4 par les masses d’air contaminé sera négligeable ». Cette prévision
est désormais confirmée sur la base de mesures, et non plus d’hypothèses.
La CRIIRAD dispose d’un équipement qui permet de mesurer en continu le débit de dose gamma (en
microSievert par heure : μSv/h). Il a été acheté en 2009 grâce au soutien de la Région Rhône-Alpes. Il a
permis de vérifier que l’augmentation de l’activité de l’air ne se traduisait par aucune augmentation
mesurable du rayonnement gamma ambiant.
Comme on peut le voir sur la courbe ci-dessous qui reproduit les résultats enregistrés depuis le lundi
21 mars, les résultats fluctuent entre 0,08 à 0,1 μSv/h. On ne constate aucune augmentation mesurable
depuis l’arrivée des masses d’air contaminé sur la France (autour des 23 / 24 mars).
Pour accéder aux résultats actualisés: http://balisescriirad.free.fr/resultats_drome.htm
A noter que l’élévation du flux de rayonnement enregistrée par la sonde dans la nuit du 4 au 5 avril (cf. sur
la courbe la valeur supérieure à 0,1 μSv/h) est imputable à un épisode pluvieux et à une augmentation du
rayonnement naturel, sans relation avec les rejets du Japon.
A ce propos, la CRIIRAD a reçu des dizaines de courriels de personnes disposant de radiamètres ou de
dosimètres et signalant une augmentation du niveau de rayonnement ambiant et/ou mettant en cause les
résultats des blaises de l’IRSN. Faute de temps pour analyser chaque dossier, nous proposons pour l’instant
quelques indications générales (note d’information à l’attention des utilisateurs de radiamètres).
2. « le risque associé à l’inhalation des aérosols et halogènes radioactifs présents dans l’air
devrait être très faible ». Les estimations de dose indiquent que la mise en oeuvre de contremesures,
confinement à domicile ou prise de comprimés d’iode stable 5, n’est pas justifiée. Cette
prévision est désormais confirmée sur la base des résultats d’analyse, et non plus d’hypothèses.
Afin de déterminer le niveau de contamination de l’air, les analyses ont d’abord porté sur les filtres à
aérosols et les cartouches qui équipent les balises de surveillance de la radioactivité de l’air. Elles ont
révélé la présence d’iode 131 6.
Ainsi que nous l’indiquions dans notre communiqué du 26 mars, l’iode 131 est principalement présent dans
l’air sous forme gazeuse. Les analyses effectuées sur les filtres et cartouches des balises d’Avignon,
Montélimar, Valence, Romans-sur-Isère et Péage-de-Roussillon montrent qu’il représente de 70 à 90% de
4 Il s’agit de l’exposition des personnes aux rayonnements émis par les produits radioactifs présents dans les panaches
et qui se désintègrent. Un peu comme on peut être exposé aux rayonnements ultra-violets émis par le soleil. Il n’y a
pas d’incorporation de produits radioactifs ;
5 En revanche, le contexte actuel peut amener chacun à réfléchir à l’équilibre de son régime alimentaire et à vérifier
que les besoins en iode sont satisfaits. La thyroïde a besoin d’iode stable pour fabriquer les hormones nécessaires au
bon fonctionnement de l’organisme. Lorsqu’elle est carencée en iode, elle fixe d’autant plus l’iode radioactif.
6 Les césiums 134 et 137 sont présents mais à des niveaux trop faibles pour être détectés. Le xénon 133 est également
présent, à des activités probablement supérieures à celles de l’iode 131, mais il s’agit d’un gaz rare qui n’est que très
peu piégé par les dispositifs filtrants qui équipent les balises.
En μSv/h (microSieverts par heure)
CRIIRAD – CASTANIER – Note d’information préliminaire
l’iode 131 présent dans l’air. La publication de résultats partiels, qu’ils portent sur les filtres qui retiennent
les aérosols ou sur les cartouches à charbon actif qui piègent les gaz, conduit à sous-évaluer le niveau réel
de la contamination : la sous-évaluation est limitée lorsque le résultat concerne l’iode gazeux mais elle peut
atteindre un ordre de grandeur lorsque l’analyse porte sur le filtre à poussières.
Sur la base des analyses de son laboratoire et du recensement des données publiées par l’IRSN, la
CRIIRAD considère que l’activité de l’iode 131 dans l’air a pu atteindre, et dépasser 10 mBq/m3. A Valence,
l’activité volumique de l’air a atteint 9 mBq/m3 du 30 mars 15h29 au 31 mars 15h18. Elle était certainement
supérieure, vers la même date, à Montélimar : de l’ordre de 12 mBq/m3. Ces chiffres sont les plus élevés
publiés à ce jour. Or il est peu probable que les niveaux maximum concernent spécifiquement la vallée du
Rhône. Bien d‘autres régions ont dû subir des niveaux de contamination du même ordre de grandeur, voire
supérieurs.
Le recensement des résultats d’analyse publiés dans les bulletins d’information de l’IRSN7 montre que très
peu de résultats complets sont disponibles. Nous les avons reportés sur la carte de France relative à
l’activité (totale) de l’iode 131 dans l’air 8. Faute d’un nombre suffisant de résultats utilisables, il faudra
approfondir la question du rapport iode gazeux / iode particulaire. Peut-être sera-t-il alors possible
d’exploiter les analyses de filtres et d’estimer ainsi l’activité réelle de l’air sur l’ensemble du territoire.
Le suivi de la qualité radiologique de l’air effectué sur le secteur de Valence montre que l’activité de l’iode
131 a dépassé 1 mBq/m3 les 27-28 mars, 5 mBq/m3 du 28 au 30 mars, pour atteindre un maximum de
9 mBq/m3 les 30-31 mars. Depuis lors, les concentrations ont diminué mais restent supérieures à 1 mBq/m3.
L’analyse préliminaire de la cartouche qui a filtré l’air de Valence du mardi 5 au mercredi 6 avril suggère une
activité de 3 mBq/m3 (à confirmer).
7 Ont été recensées les données publiées dans les bulletins Bulletins d’information n°3 à 10 de l’IRSN : Bulletin n°1 - 24
mars 2011 ; Bulletin n°2 - 25 mars 2011 ; Bulletin n°3 - 26 mars 2011 ; Bulletin n°4 - 27 mars 2011 ; Bulletin n°5 - 28
mars 2011 ; Bulletin n°6 - 29 mars 2011 ; Bulletin n°7 - 30 mars 2011 ;Bulletin n°8 - 31 mars 2011 ; Bulletin n°9 - 1er
avril 2011 ; Bulletin n°10 - 2 avril 2011.
8 La première version de cette carte (mise en ligne le 5 avril) indiquait que le résultat de l’IRSN pour le site du
Vésinet (78) comportait une anomalie (nous pensions à une erreur de date). Cette mention était erronée. Elle a été
corrigée sur la base des informations transmises par l’IRSN. Nous prions cet organisme et les internautes de bien
vouloir nous en excuser.
CRIIRAD – CASTANIER – Note d’information préliminaire
Le filtre à aérosols correspondant aux dépôts du 28 mars au 4 avril a été analysé afin de déterminer
l’activité de l’iode 131 présent dans l’air sous forme particulaire (associé à des micro-poussières que l’on
désigne sous le terme d’aérosols). L’activité moyenne de l’iode 131 est de 0,45 mBq/m3. Cette valeur nous a
permis de déterminer, sur l’ensemble des 8 jours, la proportion d’iode gazeux (89%) et d’iode particulaire
(11%). Ces ratios ont permis de calculer l’activité probable de l’iode particulaire à rajouter à l’activité de
l’iode gazeux afin de disposer de résultats sur l’activité totale de l’iode 131 dans l’air. Ces valeurs résultent
donc de calculs et sont notées en italique dans le tableau ci-dessous.
Résultats d’analyse du laboratoire de la CRIIRAD
Air prélevé par les balises du réseau de surveillance de la radioactivité atmosphérique
(extrait non exhaustif)
Sur une carte distincte sont présentés les résultats d’analyse relatifs à l’iode 131 présent dans l’air sous
forme gazeuse. Lorsque plusieurs résultats sont disponibles (CRIIRAD, CEA Cadarache, ILL…) ne sont
reportées que les valeurs maximales.
Sur la base des résultats d’analyse disponibles, la CRIIRAD a conduit des calculs de dose afin de vérifier si
les niveaux de risque pouvaient être considérés comme négligeables ou s’ils justifiaient la mise en oeuvre
de mesure de protection.
A ainsi été évaluée la dose que recevrait une personne respirant un air dont l’activité en iode 131 s’élèverait
à 20 mBq/m3 (valeur enveloppe mais pas irréaliste) en supposant une exposition permanence sur 40 jours,
soit du 22 mars au 30 avril (une hypothèse pour l’instant majorante).
Selon les âges, l’activité incorporée en respirant varie entre 4 Bq (enfant en bas âge) et 23 Bq (adultes). Ce
qui correspond à des doses de rayonnement inférieures à 0,4 μSv, soit quelques pourcents du seuil de
10 μSv/an à partir de laquelle la réglementation européenne considère que les niveaux de risque ne sont
plus négligeables et qu’il convient d’examiner les moyens de diminuer les expositions. Ces valeurs
représentent une fraction encore plus faible de la limite de dose de 1 mSv/an (<0,04%).
Voir les explications plus détaillées en annexe : doses induites par l’inhalation d’iode 131
(accessible à partir de la page sommaire)
Rentrer chez soi pour se protéger de ces très faibles niveaux de contamination n’est ni justifié ni utile. Dès
lors qu’une contamination atmosphérique se prolonge sur plusieurs jours, a fortiori sur plusieurs
semaines, le confinement n'est pas une réponse appropriée : soit il est inefficace – cas le plus général –
l’air des habitations étant entièrement renouvelé en quelques heures (de moins d’une heure à 8 ou 10 h
maximum selon l’étanchéité de la construction) ; soit il est efficace, et cela pose problème car le volume
d’air d’un logement doit être renouvelé complètement au minimum toutes les 3 heures. Les apports d’air
CRIIRAD – CASTANIER – Note d’information préliminaire
frais permettent en effet d’évacuer les différents polluants (odeurs, humidité, fumée de tabac, vapeurs de
produits de nettoyage, solvants, formaldéhydes, ...) et en particulier les oxydes d’azote (CO2, CO, NOx) qui
s’accumulent avec le fonctionnement d’appareils au gaz ou d’une cheminée. Soulignons également que le
confinement va également augmenter la concentration en radon, un gaz radioactif naturel, dont l’effet
cancérigène est attesté.
En conclusion, il n’est pas utile, il est même déconseillé, de se confiner chez soi. Le risque radiologique est
négligeable, bien inférieur aux problèmes posés par l’accumulation d’air vicié (et donc de polluants, y
compris de radon, un gaz radioactifs naturel)
3. « le risque lié à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les retombées radioactives devrait
rester limité. Le laboratoire de la CRIIRAD évaluera le plus rapidement possible les quantités de radioactivité
déposées au sol (dépôts sec et dépôts liés aux précipitations) afin de vérifier les ordres de grandeurs
attendus dans les aliments et de donner, si nécessaire, des conseils adaptés ».
EAUX DE PLUIE ET EAUX DE DISTRIBUTION
Afin d’évaluer les dépôts de radioactivité sur les sols, le laboratoire de la CRIIRAD a analysé 8 échantillons
d’eau de pluie collectés sur différentes régions de France. En passant au travers des masses d’air contaminé,
la pluie se charge de particules et de gaz radioactifs solubles (cas de l’iode gazeux). Les activités en iode 131
(seul radionucléide détecté) sont comprises entre 0,24 Bq/l (pluie tombée à Annecy le 27-28 mars) et 4,9
Bq/l (pluie tombée à une vingtaine de km au nord de Toulouse entre le 27 et le 30 mars).
La CRIIRAD a recensé les résultats d’analyse publiés par l’IRSN dans ses différents bulletins9 : une vingtaine
de résultats sont disponibles. Les activités sont comprises entre 0,246 Bq/l (pluie recueillie à Orsay le 27
mars) et 3,1 Bq/l pour de la pluie prélevée au CENBG, au sud de Bordeaux, à Gradignan, le 30 mars.
L’ensemble des résultats (CRIIRAD, IRSN et autres laboratoires) a été reporté sur une carte de France.
Précisons tout d’abord que ces très faibles activités n’induisent aucun risque pour les personnes qui se
sont trouvées sous la pluie sans protection. Si vos enfants ont joué sous la pluie, dans des flaques d’eau,
s’ils ont eu la peau ou les cheveux mouillés, etc. il n’y a aucun motif de vous inquiéter.
La question se pose différemment pour la CONSOMMATION de l’eau de pluie.
9 Ont été analysés les Bulletins d’information IRSN n°3 à n°10 (pas de résultats dans les n°1 et 2) : Bulletin n°1 - 24
mars 2011 ; Bulletin n°2 - 25 mars 2011 ; Bulletin n°3 - 26 mars 2011 ; Bulletin n°4 - 27 mars 2011 ; Bulletin n°5 - 28
mars 2011 ; Bulletin n°6 - 29 mars 2011 ; Bulletin n°7 - 30 mars 2011 ;Bulletin n°8 - 31 mars 2011 ; Bulletin n°9 - 1er
avril 2011 ; Bulletin n°10 - 2 avril 2011.
CRIIRAD – CASTANIER – Note d’information préliminaire
De nombreuses personnes nous ont demandé si elles pouvaient continuer à consommer l’eau de leur
citerne (eau collectée sur le toit de leur habitation). Compte tenu des niveaux de contamination mesurés
jusqu’à présent, la consommation ponctuelle de quelques verres d’eau ne pose pas problème. En revanche,
si l’eau recueillie doit servir de source principale d’alimentation sur 15 jours ou 3 semaines, la dose reçue
pourrait atteindre, voire dépasser le seuil à partir duquel le risque n’est plus considéré comme négligeable,
en particulier si les consommateurs sont de jeunes enfants. Il s’agit de niveaux de risque très faibles mais
qu’il vaut mieux éviter10. Rappelons par ailleurs que le ministère de la santé ne considère pas l’eau de pluie
comme une eau potable et met en garde contre les risques associés à sa consommation.
Si vous ne pouvez pas éviter d’utiliser l’eau récoltée sur votre toit pour l’arrosage de votre jardin potager,
veillez à arroser la terre et non pas les feuilles des légumes : l’absorption est importante et rapide au niveau
des surfaces foliaires ; plus lente et beaucoup moins efficace à partir du système racinaire des plantes.
Un nombre important de demandes concernent l’eau de distribution. Lorsque les foyers sont alimentés
par de l’eau provenant de nappes souterraines, la contamination actuelle est sans conséquence. Les
activités déposées sont faibles, les capacités de dilution des aquifères souterrains importantes et l’iode
radioactif se sera probablement désintégré avant de pouvoir les atteindre, même s’il s’agit de nappes peu
profondes. Même conclusion pour l’alimentation en eau potable qui provient du traitement de cours d’eau.
Pour que l’incidence soit notable, il faudrait imaginer des pluies abondantes et surtout continues,
susceptibles de représenter dans la durée un pourcentage important du débit du cours d’eau. C’est assez
improbable et cela ne correspond pas du tout aux conditions météorologiques actuelles. En revanche, il
semble nécessaire d’examiner de plus près la situation des plans d’eau type lacs collinaires qui recueillent
l’eau de pluie d’un ou plusieurs bassins versant. Ils sont évidemment plus exposés que l’eau circulante. Des
analyses devraient permettre de lever rapidement le doute.
ALIMENTS POTENTIELLEMENT A RISQUE
Depuis quelques jours, les questions de nos correspondants portent plus particulièrement sur l’impact
des retombées radioactives sur la chaîne alimentaire : les aliments sont-ils contaminés ? Si oui lesquels ?
Doit-on éviter de les consommer ? Est-ce dangereux pour les enfants ? Pour une femme enceinte ? Pour
une maman qui allaite son enfant ?
Il y a deux catégories d’aliments à risque : ceux qui sont contaminés par dépôt direct et ceux qui sont
contaminés par transfert (lait et viande)
· L’importance de la contamination dépend, bien sûr de l’activité déposée (par voies sèche et humide)
mais aussi du stade végétatif de la plante et des surfaces de captation disponibles : les végétaux à larges
feuilles type salades, blettes, épinards, choux, oseille… font partie des aliments les plus exposés (sauf
s’ils sont cultivés sous serre évidemment). Compte tenu du niveau de contamination de l’air, des
coefficients de transfert de l’air au sol et à la pluie et de l’air et de la pluie aux végétaux, l’activité en
iode 131 de ces végétaux devrait atteindre quelques becquerels par kilogramme, voir quelques dizaines
de Bq/kg.
Précisons que les particules radioactives déposées sur les surfaces foliaires sont rapidement
métabolisées par la plante (phénomène de translocation) et le fait de laver la plante n’est pas efficace.
Certaines techniques culinaires permettent en revanche d’éliminer une partie de la radioactivité.
· Le lait et les fromages frais et la viande provenant de troupeaux encore en stabulation ne posent
évidemment pas problème. Par ailleurs, certains troupeaux sont actuellement conduits dans les
pâturages mais l’essentiel de leur alimentation est encore apporté par du fourrage ou des grains. Dans
ce cas, l’incidence de l’ingestion d’herbe contaminée reste limitée. Les animaux en pacage peuvent
brouter l’herbe sur des surfaces étendues et ingérer ainsi les produits radioactifs captés par le couvert
10 Il est possible que la filtration de l’eau conduise à une décontamination efficace mais sans certitude à ce sujet mieux
vaut être prudent.
CRIIRAD – CASTANIER – Note d’information préliminaire
végétal. Une partie de la contamination est rapidement éliminée mais une partie se fixe dans leurs
organes, en fonction des caractéristiques métaboliques de chaque radionucléide. L’iode radioactif se
concentre dans la thyroïde de l’animal mais il est également fixé par les glandes mammaires et transféré
au lait. On le retrouve également dans la viande mais en moindre concentration.
· Le facteur de transfert de l’herbe au lait varie fortement selon qu’il s’agit de lait de vache ou de lait de
chèvre ou de brebis dont la contamination peut être supérieure d’un ordre de grandeur à celle du lait
de vache. La radioactivité des fromages dépend de leur mode de fabrication et des délais d’affinage.
Dois-je faire attention à mon alimentation ?
La réponse à cette question est un choix individuel.
Les risques sont certes très faibles mais si l’on tient compte de la durée possible de la contamination, de
l’existence d’habitudes alimentaires particulières et de la vulnérabilité de certains groupes de populations
(enfants, femmes enceints ou allaitant), on n’est plus dans le domaine du risque négligeable et il semble
utile d’éviter des comportements à risque.
La directive Euratom 96/2911 définit les principes généraux de radioprotection en vigueur en Europe. Elle
indique que l’impact d’une activité nucléaire peut être considéré comme négligeable si la dose de
rayonnement qu’elle induit ne dépasse pas 10 μSv/an 12. Au-delà de cette valeur, il convient de réfléchir aux
mesures qu’il est possible de mettre en oeuvre pour diminuer les expositions. Dans le cas des retombées
radioactives de FUKUSHIMA DAIICHI, il s’agit essentiellement de limiter l’ingestion d’iode 131.
La quantité d’iode 131 susceptible de délivrer une dose de 10 μSv varie fortement en fonction de l’âge du
consommateur. Les enfants en bas âge (0 – 2 ans) sont les plus vulnérables : l’ingestion d’une cinquantaine
de becquerels d’iode 131 suffit à délivrer à leur organisme une dose de 10 μSv. Si les aliments à risque
(légumes à feuille, laits et fromages frais…) contiennent de l’ordre de 1 à 10 Bq/kg, voire plus, il est tout à
fait possible d’imaginer qu’en 2 ou 3 semaines le seuil de référence de 10 μSv/an puisse être dépassé.
Il est cependant facile de limiter les expositions à des niveaux négligeables en veillant à ce que ces
aliments ne constituent pas, tout au long du mois d’avril, la base de l’alimentation de la famille. 0n peut
ainsi préférer le lait « longue conservation » au lait frais, ne pas faire d’excès avec les fromages frais de
brebis, les blettes, les salades ou les épinards. Ces mesures de bon sens concernent tout particulièrement
les enfants, les femmes enceintes et les mamans qui allaitent.
NB : la valeur prise en référence par la CRIIRAD est le seuil du risque «dit « négligeable » soit 10 μSv/an (ou
0,01 mSv/an). Il ne doit pas être confondu avec la limite de dose maximale admissible de 1 mSv/an qui est
100 fois plus élevée. Même en imaginant une alimentation centrée sur les aliments qui concentrent la
radioactivité, les niveaux d’exposition en France devraient rester nettement inférieurs à cette valeur. Pour les
habitants de la côte ouest des Etats-Unis, la situation est sensiblement différente.
Pour des explications plus détaillées lire : doses induites par l’ingestion d’iode 131
(accessible à partir de la page sommaire)
Combien de temps va durer la contamination ?
A ce jour, on ne peut que donner une durée minimale : d’importantes quantités de produits radioactifs sont
rejetées par la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI depuis le samedi 12 mars. Ce mardi 5 avril, soit 24
jours plus tard, les rejets continuent. Cela signifie que les apports d’air contaminé sur l’Europe dureront tout
autant, avec un décalage dans le temps liés au déplacement des gaz et aérosols radioactifs sur quelques
15 000 km.
11 Directive du Conseil 96/29/Euratom du 13 mai 1996 fixant les normes de base relatives à la protection de la santé
des travailleurs et du public contre les dangers des rayonnements ionisants.
12 Les critères de décision pour l’exemption des activités générant une exposition aux rayonnements ionisants sont en
fait double : qu’aucune personne du public ne reçoive une dose supérieure à 10 μSv/an et que la dose collective ne
dépasse pas 1 Homme.Sievert (c’est-à-dire que le nombre de personnes exposés reste (relativement) limité).
CRIIRAD – CASTANIER – Note d’information préliminaire
La côte ouest des Etats-Unis reçoit 6 à 10 jours avant la France l’impact des rejets radioactifs de la centrale
de FUKUSHIMA DAIICHI. Au vu des résultats disponibles, on peut s’attendre, en tout cas sur la prochaine
semaine, à des activités en baisse légère mais régulière.
Les rapports techniques de l’exploitant (TEPCO) et de l’autorité de sûreté nucléaire japonaise (NISA) laissent
craindre des rejets sur encore plusieurs jours voire plusieurs semaines. Si d’autres incendies se déclenchent
ou si les opérateurs sont à nouveau contraints de relâcher de la vapeur afin d’éviter les explosions
d’hydrogène, de nouvelles phases de rejets massifs pourraient survenir. En France, l’impact restera très
faible et les mesures de protection relativement faciles à mettre en oeuvre. Au Japon, il en va tout
autrement.

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Published by Philippe Maréchal - dans Informez vous et faites passer
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