2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 22:03

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Bon, on appelle çà un deuil. C’est un deuil bizarre. Habituellement quand on y pense, deuil, on voit çà comme à la suite du décès de quelqu’un de proche. Là, ce n’est pas pareil. Mais alors pas du tout. Ou alors, peut être bien que si, mais à l’envers. L’autre est parti. Mais alors parti. Plus rien, plus personne. Pas de son, pas d’image, pas de chair, pas de sourire, pas la gueule non plus. Plus rien, nada, rideau, silence, terminé. Ton cri, silence, ton cœur qui bat, silence. Ce n’est pas toi, c’est l’autre qui est parti. Silence. Tu pleures puis tu écoutes, silence. L’autre n’est plus là. Disparu. Disparu de ta vie. Disparu avec ta vie. C’est ton ventre qui s’en va, qui disparaît en toi. Silence autour et vacarme à l’intérieur. Tout s’aspire vers le ventre, vers le centre, depuis la gorge, aux tempes, au cerveau, collapse,  puis au cœur, il tremble, il palpite, il t’essouffle. Ce n’est plus toi, ce n’est plus ton cœur. Tout se dissocie, ta peau s’irise, tes muscles fondent, tes pieds se dérobent. Tu pèses trois tonnes, tu pèses quinze grammes. Depuis les jambes même, depuis le sexe même, qui disparaît, des ondes, mauvaises, froides, qui tracent, qui zèbrent tout à l’intérieur et te font grimacer, puis tétaniser ; et puis, plus de parfum, plus l’odeur de l’autre, pire que son silence, son absence, dans la trace d’une dernière apparition, une fragrance,  un fantôme, puis rien, plus rien. L’autre est parti mais reste en toi, pourtant t’es seul, en tête à tête avec la cruauté de son souvenir. Son sourire. C’est un deuil à l’envers, l’autre vit, rit peut être, jouis peut être. Toi, tu es mort pour lui, tu n’existes plus, tu n’existes plus, tu n’existes plus. Tu te le répètes, pour en être sûr, des fois que ce soit un cauchemar. Non c’est la réalité, t’es rayé, jeté, balayé. Un cauchemar, ce serait bien. Ce serait mieux. C’est un deuil à l’envers, tu entends l’autre qui vit, qui bouge, qui se sent mieux, sans toi. C’est l’autre qui s’en va et c’est toi qui meures à toi même. La personne à laquelle tu tenais le plus au monde n’est plus là.  Elle ne te veut plus. Silence.

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 20:45

Photos No limit 133la lune, mon amie, ma douce, permet moi de te retrouver en mer, seul, avec ton reflet sur l'eau que j'embrasse dans le scintillement du plancton révélé par la grâce de la vague d'étrave qui glisse le long du bord, permet moi la rêverie éveillée sous la robe du voilier, permet moi d'oublier, jusqu’à mon nom, jusqu'à moi même, jusqu'à ma destination, jusqu'à ce que mon cœur palpite au rythme du rythme du vent perçu dans les oreilles au portant et que tout amour s'efface et s'engloutisse dans le sillage afin qu'il ne reste que toi et moi dans la nuit au milieu de nulle part, flottant dans le cosmos salé comme des larmes abandonnées, et que j'oublie à jamais les mauvais chemins de terre pour mieux te retrouver au gré des flots sous ta sollicitude et ton amour si doux.

 

Philippe

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 23:20

humeur-du-chef-4237.jpgUn p’tit vélo dans la tête, vaut mieux l’avoir sous son cul. Mon vélo, il est beau. Il est tout jaune, et puis à l’arrière il sort du cadre, il est tout rond et accompagne la roue dans cette courbe magnifique qui me fit l’applaudir avançant dans une rangée de bikers lorsque je l’accompagnais à pied au sortir d’un mécano moto pour une petite réparation. Enfin une opération. C’est un être vivant. C’est mon vélo. Et Il ne faut pas le vexer, par exemple dire de lui que c’est une bicyclette. Non c’est un vélo. Quand il roule, je l’entends, comme une horloge, un cliquetis qui donne l’heure à chaque coup de pédale avec trois minutes dans chaque seconde, avec le temps à rebours, avec une vitesse incroyable, pas celle du tégévé, non celle qui va plus vite, à la vitesse de la lumière, à la vitesse de l’amour, cinq fois plus vite qu’à pied, et toujours avec plaisir, celui de l’enfance dans ce qu’elle a de meilleur, l’innocence de la découverte, juché sur la selle ou bien en danseuse. Oui, t’as beau être un mec, sur un vélo tu peux devenir une danseuse.

Un jour j'irai là bas avec. Et lui me regardera passer, sur mon vélo, un p'tit vélo dans ma tête et sous mon cul.photo-090.jpg

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 15:53

L’intention de poser un acte minimaliste  sur une feuille imaginaire est en réalité aussi éphémère qu’un assemblage de pensées sous un ciel étoilé. Ainsi je souligne toute la vacuité qui accompagne le cinéma permanent des pensées qui défilent dans nos têtes, comme les nuages dans un ciel de traine.

Faire de ce moment où les phrases se déroulent dans la tête, la nique aux actes manqués. Soupirer dans un regret qui se loge dans le confort d’une larme.

Faire de cet instant qui débute en se roulant une clope, une introduction, allumer la thèse, tirer quelques taffes en antithèse et écraser le mégot en guise de conclusion.

humeur-du-chef-4117.jpgD’un pied assuré j’éloigne ce qui fut un incendie de bouche et je le dégage plus par confort que par mépris des pensées  qui sont trop obsédantes pour être tues.

Je ne fumais pas lorsque j’étais collégien.  L’union poisseuse de mes poumons et du goudron fut entérinée lors de mon entrée à l’école des mousses où je reçus entre autres 16 paquets de gauloises, et à bout filtre sur précaution et circulaire de Madame Veil. Ah oui, je suis passé maitre dans l’art de la digression et à la gitane sans filtre à l’école de Maistrance.

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:24

captain-gib-4151.JPGC’est un p’tit bout de cabane, qui sent bon l’temps qui passe entre les planches mal assemblées et couvertes d’un goudron qui te prennent dans leurs bras et çà sent la souris ou bien le délice du temps passé et t’y restes enroulé comme entre deux seins, sous un fatras de tissus, d’outils épars et rangés, en désordre, ou bien pensé, et les tiennes s’y collent comme elles aiment à rêver, enlacées dans l’assemblage hétéroclite, de tissus et bouteilles, de peintures et valises et tout çà s’entremêlent et te happent comme pour t’inviter au voyage, dans un univers si petit qu’il en devient immense et t’impose à jamais un billet sans retour où çà sent bon l’amour et ton âme y revient bras dessus, bras dessous avec le cœur qui chavire quand tu y penses, au p’tit bout de cabane, qui sent  bon le temps qui passe, à rêver, à aimer.

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 11:33

The-blue-city.jpgPetite musique trainante, Philp écoute Fip. Au hasard des paroles captées d’une chanson, le cœur se rétracte. Il fait suivre le message à la tête, là haut, qu’il se passe quelque chose. Petit bureau dans une ville de province où les Marcel se couchent de bonne heure.

Je me lève tôt et je passe à la ligne. Envie de partir là où le tumulte exulte. Là où les parfums soulignent les odeurs. Là où un éléphant surgit derrière un rickshaw qui évite une vache qui boulote un carton, dans un concert de klaxon qui fait oublier les nids de poules au promeneur indolent bousculé par la foule. Envie de retrouver l’odeur du grésil à l’aéroport et retrouver my « Incredible India ». Là où le voisin au sortir du lit, vient te saluer la brosse à dents en action, de la pâte plein la bouche, là où on te demande mille fois, si çà va, si t’as besoin de quelque chose, si t’es perdu, d’où tu viens, si t’es marié, combien d’enfants tu as et puis là où on ne te demande plus rien sinon que d’exister et poursuivre ton chemin. Envie de partir pour mieux te retrouver, t’es où dis ? Pour mieux s’oublier, s’éprouver, «  un ptit pot de crème dans la vie… », une chanson de Mathieu Boogaerts dans la tête ou bien dans le cœur qui fait de la place, toute la place, pour y laisser revenir le bonheur.

 

Curieux, le chagrin. Le plus authentique des chagrins se défend contre lui-même en faisant des phrases. C’est cela, peut-être, la nécessité littéraire, ce besoin vital d’écrire autour...

Daniel Pennac

 

 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 15:42

le-monde-de-philippe 3839

La pluie tu fais chier, qui prend mon coeur pour un buvard, çà tombe et çà dévale dans mes gouttières et çà mouille mon crâne à l’envers et le vent qu'est froid et les nuages courent au dessus des toits. Envie de danser. Envie de parcourir la ville sur la bande son de Pina, de Wenders. Envie ou bien, ou bien de rire ou bien de pleurer, ou bien les deux, soyons généreux et puis danser, danser, danser.  Au bout de la rue trouver un piano et jouer, jouer, jouer. Jouer sur un piano solo et dans la rue et sous la pluie et nu. Et se laisser dériver et comme Novencento,  crier au cul ! et se rouler sur un clavier, attendre les yeux au ciel que joue Eleni,  Karaindrou, Eternity and a day, prendre à gauche jusqu' In the mood for love, glisser en mode mineur jusqu’au bas de la rue et partir comme un bouchon, sur une eau tumultueuse, à caresser les paves, et puis nager, nager, nager dans Métamorphosis, de Philip Glass.

 

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 12:57

21145726.jpgUn amoureux qui parle est un poète et ce qu’il dit efface le silence qui l’isole de l’objet aimé. Il donne à l’amour une vie constante, invincible. Il s’éternise.

Hommes, femmes en proie à ce délire qui entoure chaque naissance du souvenir de la seule communion réelle, hommes, femmes qui, perpétuellement naissez à l’amour, avouez à haute voix ce que vous ressentez, criez « Je t’aime » par-dessus toutes les souffrances qui vous sont infligées, contre toute pudeur, contre toute contrainte, contre toute malédiction, contre le dédain des brutes, contre le blâme des moralistes. Criez-le contre tous les avatars de la vie, contre l’absence, contre la mort. Criez-le même contre un cœur qui ne s’ouvre pas, contre un regard qui s’égare, contre un sein qui se refuse. Vous ne le regretterez pas, car vous n’aurez pas d’autre occasion d’être sincère, tout le bonheur du monde dépend de l’intensité de votre cri qui passera de bouche en bouche, à l’infini. Votre cri vous fera grand et il grandira les autres. Il vient de loin, il ira loin, il ne connaît pas de limites.

Parlez, les mots d’amour sont des caresses fécondantes. Les autres mots ne sont là que pour la commodité de la vie. Aimer, c’est l’unique raison de vivre. Et la raison de la raison, la raison du bonheur… 

 

Paul ELUARD

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 19:00

 

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"Je croyais avoir éprouvé les peines de l'amour; mais le tourment inexprimable c'est de se séparer de ce qu'on aime, de s'en séparer pour toujours".

 

Pierre Ambroise François Choderlos de Laclos, les liaiSons dangereuses.

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 10:27
22144444Le sujet des prostituées....c'est un beau sujet, pour un vrai romancier, un véritable écrivain, celui qui sait ce dont il parle, comme disent les maitres de l'écriture...Pas ceux qui ont commis cette faute de s'appeler les 343 salauds, d'abord parce que c'est une erreur, ils ne sont pas que 343, et puis c'est dévoyer un autre collectif aux aspirations bien plus importantes et quant au terme de "salopes", auquel il fait référence pas finement du tout "salaud", il me semble que ça vient d'un journal satirique. Les signataires sont tellement imbus de leurs personnes qu'ils s'imaginent que tout leur sera pardonné à cause de leur notoriété. Il ne méritent à mon sens comme réponse que cette phrase magique d'Audiart, "les cons çà ose tout, c'est à çà qu'on les reconnait".
Comme jeune et élégant navigateur, j'ai souvent dû chercher mon patron, les nuits d'appareillage, dans tous les bordels que comptaient nos escales à travers le monde. Je l'ai souvent ramené sur mon dos, saoul comme un cochon, en pestant parce qu'il puait, l’alcool, la fumée et le cul mélangés à de mauvais parfums...Je ne me vanterais pas d'en connaitre un petit rayon sur le sujet, puis-qu’aussi, en ces moments de recherches, j'ai dû attendre et causer beaucoup, en attendant que çà passe...la passe, pour récupérer l'épave dégoulinante qui par ailleurs se transformait ensuite en marin d'exception. Toutes les considérations échangées à ce sujet, avec véhémence et sans distinctions de hiérarchie dans la valeur des arguments pour ou contre, sont vaines si on oublie, qu'elles ne sont là que dans un seul but, profiter pour sa gloriole, que ce sujet, puisse échapper à la raison, car il trace son chemin entre la lumière des néons et la face obscure de ce qui fait l'humain, une bite à tête de Golum, dont sont ornés les éternels sales gosses à qui l'on a pas appris le verbe aimer.

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